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Médias, Musique, Cinéma : Chronique d’un monde digital

26 avril 2012
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Madonna doit-elle encore sortir des albums ?

Loin de moi l’idée de profiter de tirer sur l’ambulance, car en la matière, et concernant Madonna, c’est loin d’être une ambulance mais plutôt encore une vache à lait.

Mais reconnaissons-le, depuis 2 ou 3 albums, il n’y a plus cette magie et cette attirance de la part du public pour la Madonne concernant sa musique. Je vois plusieurs facteurs à ce phénomène :

Tout d’abord, il faut reconnaître qu’American Life reste le dernier album de Madonna qui ait réellement compté dans le cœur du public. Il reste le dernier album ou elle enchaîna pas moins de 5 singles (« American Life », « Hollywood », « Nothing fails », « Die another day » et « Love profusion »). Cela reste la grande faiblesse des 3 albums qui suivirent. A grands renforts de communication en amont de la sortie, on balance un single tiède qui dès la sortie de l’album est vite remplacé par un autre car les radios et le public se lassent vite et en trois mois, les albums de Madonna sont vite oubliés…

Comment donc une artiste telle que Madonna ait tant perdu de son aura depuis près de 10 ans ?

Simplement parce que très tôt, elle a bien comprit que le disque n’était plus l’avenir, c’est pourquoi elle a signé un contrat global avec Live Nations, sa société de concerts et qu’elle mise désormais tout sur les concerts et les produits dérivés. Sauf que la meilleure des communications et le meilleur des moyens d’attirer du public dans les stades, reste d’avoir des hits qui sont en radio pendant des mois et un album qui continue de bien se vendre pendant 18 mois. C’est là que Madonna à un problème car elle est en train d’affaiblir tout son écosystème en sortant des albums tièdes, véritables patchwork, sans cohésion et dont le public se détourne à une vitesse folle.

Car le second problème dans les albums de Madonna, c’est qu’on connaît le contenu avant leur sortie ! Et comme les 3 derniers albums sont très moyens, on ne peut pas dire que cela donne envie de les acquérir ! En multipliant les préécoutes sur internet ou dans les magasins et ce en amont de la sortie réelle de l’album, il ne faut pas être surpris qu’un album aussi tiède chute la semaine qui suit sa sortie. Perdre 88 % de ses ventes aux Etats-Unis après une semaine d’exploitation, c’est un record et les albums de Madonna auront bientôt une vie plus courte que dans le cinéma. Battre le rappel en amont et faire une prestation au Super Bowl ne fait qu’accroitre l’intérêt sur la sortie de l’album, intérêt qui retombe aussi vite quand l’album est aussi décevant et qu’il n’y a que 2 ou 3 titres qui sortent du lot. Bien souvent, les titres les plus mélodieux ou au potentiel le plus fort ne sont pas des singles (« Miles Away », ou « Devil wouldn’t recognize you » sur l’album hard Candy en sont la parfaite illustration. Sur MDNA, l’un des titres les plus mélodieux est « Masterpiece », un titre coproduit avec William Orbit, à qui l’on doit Ray Of Light, l’un des albums de Madonna qui contient le plus de tubes.

Celui qui écoute l’album MDNA se rendra d’ailleurs compte que cet album est totalement déséquilibré, on a réellement l’impression que les titres de William Orbit ont été casés à la fin, comme s’ils dérangeaient alors que ce sont ceux là qui sont plus en phase avec l’ensemble de la carrière de Madonna. Ce choix est totalement incompréhensible car je le répète, ce sont les titres les plus mélodieux et qui ont au final le plus de potentiel pour rester dans les esprits. A vouloir s’adresser à tout le monde, Madonna ne touche bientôt plus personne !

Oui, désormais, les albums de Madonna n’ont pas de colonne vertébrale, pas de lien, ni de producteur commun comme cela a été le cas pour Ray of Light, Music ou American Life et clairement cela part dans tous les sens avec des featurings pour tenter de capter du public mais le public est perdu… Lire la suite →

12 mars 2012
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Le featuring, recette miracle pour faire un hit ?

Nicki Minaj est le parfait exemple d’un mouvement que l’on connaissait dans le rap, le r&b ou les musiques électroniques mais qui tend à se généraliser. En moins de 3 ans, elle vient de collaborer à près de 50 titres d’Eminem, Rihanna, David Guetta ou dernièrement Madonna.

On peut réellement parler de phénomène de grande ampleur dans la musique. Il était très rare de voire certains artistes accepter de partager l’affiche mais aussi les revenus d’un titre. Car bien souvent, les artistes qui apparaissent sur un titre en featuring sont également aux crédits afin de partager les recettes.

On peut en effet se demander ce qui pousse des artistes comme Madonna qui depuis 2 ou 3 albums se met à multiplier les featurings, spécialement sur les singles, vous le remarquerez. Le reste de l’album étant en effet bien souvent chanté et entièrement assumé seul par l’artiste. La volonté est bien avant tout de toucher un plus large public pour Madonna. Elle, qui a fait la grande majorité de sa carrière sans rien lâcher et en se mettant toujours bien avant. S’adjoindre des artistes plus connus dans le Rap ou le R&B pour un titre permet une plus large diffusion radio et télé et donc de cibler un beaucoup plus important public en touchant des couches de populations que l’artiste n’atteint pas forcément directement. Cela a été le cas pour Eminem avec Dido par exemple, ce qui a vraiment été un déclencheur pour les 2 carrières.

Il faut néanmoins se demander si le public continuera d’adhérer à ces participations croisées qui ressemblent plus à des alliances capitalistiques qu’à un réel intérêt artistique. On sait très bien que les raisons d’un featuring sont principalement marketing et économiques notamment dans une adaptation francisée d’un titre étranger pour rentrer dans les quotas et faciliter la diffusion d’un titre. La présence de Keenan Cahill apporte-elle une valeur ajoutée à un titre de David Guetta, Britney Spears ou 50 cent ?

Bien souvent, les artistes ne se côtoient pas en studio ni sur les vidéos et que cela pose également un réel problème pour la scène et les performances live. Les protagonistes, bien souvent avec une forte notoriété, ne se retrouvent que bien rarement simultanément sur la même scène… Ce qui pour Madonna pose un réel problème, elle, qui utilise déjà beaucoup la vidéo sur ses concerts pour combler les temps mort durant ses changements de tenues.

27 février 2012
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Yves Riesel, Fondateur de Qobuz et d’Abeille Musique : « On ne peut pas espérer s’en sortir si on fait la même chose qu’iTunes en pire »

Visionnaire et acteur atypique de l’industrie du disque, Yves Riesel, avec son franc parlé, est un nostalgique d’une certaine époque « sympa » dans les maisons de disques où se côtoyaient des artistes qui n’embêtaient personne et d’autres sur lesquels il fallait compter pour faire tourner la boîte. Une péréquation vertueuse qui a perduré pendant plusieurs décennies dans les étages des grandes maisons de disques. Le fondateur d’Abeille Musique et de Qobuz insiste sur le fait que l’un des enjeux du numérique est la distribution B to B, point faible dans le métier de la musique. Relier le producteur à la plateforme, améliorer la qualité des données et des fichiers,  mais aussi travailler sur la mise en avant, la valorisation des catalogues mis en lignes par les distributeurs numériques. Yves Riesel parle de chantier gigantesque dans ce domaine.

Luc Michat : Vous vous étiez donné comme objectif dans les 2 ans après la création de Qobuz d’avoir une part de marché de 10 %, Est-ce que cet objectif est atteint ?

►Yves Riesel : On va avoir cette part de marché dans les 4 ans. Actuellement, il y a des nouveautés où l’on fait des parts de marchés très étonnantes en numérique, mais il faut demander confirmation aux maisons de disques. Sur une sortie la semaine dernière d’un artiste international Jazz important, j’ai demandé à la maison de disques combien ils en avaient vendu sur iTunes. Résultat, nous en avons vendu deux fois plus. En classique et en Jazz, nous sommes aujourd’hui la plateforme de référence.  Les 5 genres musicaux qui marchent bien sur Qobuz, c’est Classique – Jazz, le Classic Pop (pop des baby boomers comme Pink Floyd), la chanson Française et l’éléctro car nous avons de plus en plus de nouveautés en qualité CD ou Studio Masters. Ce sont les 5 genres dans lesquels Qobuz, en téléchargement, marche très très bien.

LM : Quelle est la part de fichiers vrais qualité CD et Studio Masters dans les ventes totales de Qobuz ?

►YR : Sur Qobuz, les gens ne téléchargent pratiquement pas de MP3. Ils téléchargent à 96 % des albums en intégralité. Le Studio Masters représente 35 % des ventes en téléchargement alors que nous avons environ 1500 références disponibles mais cela augmente à toute vitesse.

LM : N’y a-t-il pas d’abord un problème matériel pour que les gens écoutent de la musique dans une qualité satisfaisante ? On le voit bien, la traditionnelle chaîne hi fi est remplacée dans les salons par des stations pour iPod ou iPhone de plus en plus en wi fi, Bluetooth ou avec le Airplay d’Apple et  fabriquées par des marques prestigieuses  à des prix élevés mais qui ne diffusent qu’un son compressé ?

►YR : C’est la raison pour laquelle nous avons crée une rubrique haute fidélité totalement au service de nos clients, afin d’expliquer comment utiliser la musique en ligne que achetée sur Qobuz et conseiller du matériel. Cette rubrique crée en juin dernier marche du tonnerre, elle emploie un journaliste à plein temps, qui démonte le matériel et qui fait des tests de la manière la plus honnête possible car nous ne vendons pas de matériel à la différence de la Fnac par exemple.

LM : Mais ne vous adressez vous pas à un marché de niche ?

►YR : Je ne crois pas car aujourd’hui il est évident que partout dans les rues, les gens se baladent avec des gros casques qui coûtent 300 € par-dessus le marché. Il y a donc un réel désir de beau son, même si à la limite c’est du MP3, il y a une recherche de son confortable. Sur l’iPod, l’iPhone ou l’iPad, on peut stocker beaucoup d’albums en qualité CD en format Alac. On en met beaucoup moins sur son iPhone mais ce n’est pas incompatible. Même avec un vieil ordinateur et un DAC (convertisseur audio, Ndlr), c’est le bonheur. Il y a un réel désir de beau son, pour les gens qui aiment la musique, pour qui la musique c’est un peu important, il suffit d’avoir gouté la différence pour  être conquis.

LM : D’ailleurs, si Universal était resté propriété de Philips, cela aurai pu changer quelque chose face à Apple ? Polygram, Sony Music ou Emi étaient toutes des filiales de fabricants de hardware, de matériel (Philips, Sony, ou Gramophone) Est-ce que la crise du disque ne prend pas son origine dans le fait que Apple, plutôt que de choisir la production de musique s’est intéressé à la distribution moins risquée et plus rentable ?

►YR : Je pense que les politiques par exemple, parlent de filière. Ils veulent des filières partout. Supposons qu’elle existe, depuis le musicien au presseur en passant par la standardiste et l’attachée de presse… La filière contient différents métiers, très segmentés et loin d’être aussi unis que les pouvoirs publics le voudraient. Les gens qui composent la filière sont antagonistes dans certains cas et carrément opposés dans leurs intérêts.  Maintenant, je pense que la production est un métier, la distribution finale et B to B également et cela n’a absolument pas changé. Même si avec la rupture technologique et le numérique il y un peu des choses qui s’émiettent, mais en fin de compte, arriver à vendre de la musique à des gens aujourd’hui, c’est un métier à part entière. Fait avec des talents divers  par iTunes, la Fnac ou moi. Les maisons de disques ont bien raison de se concentrer sur la production et de tout faire pour s’assurer que la production puisse continuer, et je suis bien d’accord sur ce chapitre là avec le grand maitre de la profession (Pascal Nègre, Ndlr), parce que c’est le nerf de la guerre. Mais il y a une chose sous-estimée dans le numérique, qui est souterrain, dont les gens ne voient pas immédiatement l’intérêt, c’est la distribution B to B. C’est peut être le point faible de ce métier. Il s’agit des process techniques et qualitatifs qui joignent la maison de disques de production et le service revendeur, le site. Il y a un chantier gigantesque à faire sur les métadonnées. Cela fait des années que je le dis, mais nous sommes toujours livrés de choses pas terribles en qualité par exemple. Si iTunes avait été plus demandeur de qualité auprès des maisons de disques, elles auraient fourni. Il a fallu que ce soit nous, pauvres Qobuz, qui avons réclamé à plusieurs reprises, pour obtenir la possibilité de faire un site en haute qualité audio. C’est quand même dingue ! Les maisons de disques auraient pu voir le potentiel et la valeur ajoutée mais les sites auraient aussi pu vouloir se démarquer du site du voisin au lieu d’espérer s’en sortir comme ça. Quand je vois certains sites qui ont échoué, je ne veux pas être cruel, mais on peut se demander ce qu’ils apportaient. On ne peut pas espérer s’en sortir si on fait la même chose qu’iTunes en pire. Lire la suite →

20 février 2012
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Gilles Desangles : « ceux qui bénéficient de l’exposition des Victoires de la Musique ne sont pas forcément les lauréats »

Gilles Desangles, directeur général des Victoires de la Musique, revient sur la cérémonie  de l’année dernière qui s’était déroulée en 2 émissions sur France 2 et France 4. Cette année, retour aux fondamentaux avec une émission le samedi 3 mars, présentée par la pétillante Alessandra Sublet, présentatrice de C à Vous sur France 5. Reste que le but premier pour l’association des Victoires de la Musique et France 2, est bien de mettre à l’antenne des artistes qui n’ont pas accès à une chaîne de télévision nationale. Pour certains, c’est leur seule présence en télé de l’année. L’enjeu est de taille à l’exemple d’Anaïs, dont la prestation avait été suivie par un réel décollage de la carrière de l’artiste. La cérémonie sera également retransmise en streaming et fera également la part belle aux réseaux sociaux.

Luc Michat : Comment s’est faite la sélection des nommés ? Pour l’artiste féminine de l’année, on à l’impression que vous avez voulu d’un coté suivre le public avec Nolwenn Leroy ou Zaz deux grosses vendeuses de disques de 2011, ce qui n’a pas été le cas de Camille ou de Catherine Ringer où le public s’est fait beaucoup plus rare ?

Gilles Desangles : Nous ne sommes pas un jury, il n’y a donc pas de discussion pour essayer d’équilibrer ou de récompenser telle famille d’artiste ou tendance. Nous proposons à une académie de 500 votants issue du métier, un aide mémoire, sorte de fascicule trié par catégories, qui propose la quasi exhaustivité des projets qui ont eu une actualité dans l’année. Une soixantaine d’artistes sont ensuite proposés à l’académie de votants et en cumulant les voies, nous nous retrouvons avec ce résultat d’artistes nommés. Je ne peux pas préjuger de ce qui se passe dans la tête des votants. Selon leur sensibilité, certains votants veulent mettre en avant des succès objectifs en fonction des ventes ou de la présence en radio et d’autres auront envie de soutenir un artiste qu’ils connaissent depuis des années ou un album qu’ils ont découvert  lors d’un festival par exemple. La motivation de chacun n’est pas déterminable et c’est la somme de ces motivations qui fait le palmarès que vous connaissez.

 LM : Après le duo de présentatrices de l’année dernière, c’est Alessandra Sublet qui reprend le flambeau, va-t-elle  garder le ton un peu décalé et décontracté qu’elle a dans c à vous sur France 5 ?

GD : On espère bien. Elle déborde d’enthousiasme, ce qu’elle fait est extrêmement drôle. Cela ne serait pas très fairplay vis-à-vis d’elle de trop en dire mais Alessandra Sublet travaille avec Mathieu Noel sur ses textes et cela s’annonce drôle et spectaculaire.

LM : On oublie les 2 soirées de l’année dernière ?  Avec le recul, était-ce une erreur de séparer les artistes les plus connus de la nouvelle génération ?

GD : On revient cette année à une formule unique. Je ne suis pas complètement persuadé que nous ayons laissé le temps à l’autre formule de s’installer. Le fait que beaucoup d’artistes se soient retrouvés dans les 2 émissions a peut être créé la confusion. On revient à un samedi soir avec une émission qui représente l’ensemble des tendances et des palmarès.

LM : Quelles sont les actions mises en œuvre pour mettre fin à la chute vertigineuse de l’audience ? L’année dernière a été un sérieux avertissement, objectif plus de 3 millions de téléspectateurs ?

GD : Je représente la filière musicale. La chute vertigineuse de l’audience est surtout analysée par les spécialistes TV qui réagissent en parts de marchés. Elles ont été complètement bousculées avec la TNT, et une concurrence accrue entre le service public et le privé. Nous, notre question, c’est de toucher un maximum de gens avec des artistes, qui pour la plupart, n’ont pas accès à des émissions de prime time en direct tout au long de l’année. Pour beaucoup d’entre eux, ce sera leur première ou seule télé de l’année. Nous prenons le risque de mettre en avant 8 révélations qui ont très peu d’accès en télé. On espère bien évidemment toucher un maximum de gens. C’est notre fonction, notre mission. On travaille avec la même équipe de production que les enfoirés (Ndlr : DMLSTV), on sait très bien faire, mais l’exercice est différent. Il faut remercier le service public qui prend un risque fou sur ses audiences et nous laisse complètement carte blanche. Pareil pour les Victoires de la Musique Classiques, qui est la seule émission dans le monde à être diffusée dans ces conditions, en prime time sur France 3. Évidemment, si l’on compare l’audience des Victoires de la Musique avec celle des Experts, on part perdant, mais ce n’est pas notre question. Lire la suite →

17 février 2012
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En quoi les disparitions de Whitney Houston, Amy Winehouse ou Michaël Jackson révèlent l’incompréhensible formation des prix dans la musique ?

Ce qu’il y a de bien avec  Internet, c’est que le consommateur peut vérifier les prix instantanément, et le changement d’étiquettes est plus facilement vérifiable. La polémique de ce début de semaine sur la remontée spectaculaire des prix des albums de Whitney Houston révèle un mécanisme de formation des prix bien spécifique à l’industrie du disque.  On a tous fait l’expérience de vérifier immédiatement après la mort d’un artiste, le prix de ses albums sur Amazon ou iTunes et d’observer le lendemain une vertigineuse augmentation. Cela a été le cas pour Michael Jackson, Amy Winehouse et dernièrement Whitney Houston. Pourquoi en quelques jours, des références ont vu leur prix augmenter, parfois jusqu’à doubler ?

En économie, dans un marché non perturbé, c’est l’offre et la demande qui donne le prix d’un bien et d’un produit. Plus un bien est rare et la demande forte, plus il est cher. La disparition d’un artiste signifie qu’il ne produira plus de disques ni de concerts. Cela entraine t-il mécaniquement un effet de rareté pour que les prix s’envolent ?

A la différence du cinéma ou de l’édition, le prix du disque est devenu incompréhensible par le public. Une même référence peut voir sont prix être modifié 4 ou 5 fois sur une même année en fonction de la saison, de l’actualité de l’artiste ou d’opérations commerciales négociées avec les distributeurs.  Pour un ouvrage en poche par exemple, le prix ne peut être modifié si l’écrivain disparaît. Pareil pour un film en salle, un réalisateur qui décède n’entraîne pas une hausse du prix de l’entrée. Pourquoi est-ce le cas pour la musique ?

Le battage médiatique et l’exposition massive des titres en télévision ou radio ainsi que la ruée du public vers les disques et titres digitaux de l’artiste est l’une des principales raisons de la tentation des maisons de disques et distributeurs de faire varier les prix alors que les ventes sont très faibles depuis 10 ans. On le sait, les Beatles, Elvis Presley ou Michael Jackson sont des locomotives pour toute la filière. De plus, il y a dans les jours qui suivent l’annonce de la mort de l’artiste, un réel effet de raréfaction pour les produits physiques.

Dans le cas de Whitney Houston, après la fusion avec Sony, les stocks en provenance de BMG ont du fondre, et l’on sait très bien que pour une question de coûts de stockage, on préfère  «casser » que stocker des références. Sony Music n’avait probablement en stock, au lendemain de la disparition de la chanteuse, que quelques milliers de pièces disponibles, ce qui explique que sur Amazon, le délai de livraison soit entre 2 et 4 semaines pour les références en physique ! (Ndlr : Ce délai annoncé semble s’être considérablement réduit depuis la rédaction de cet article. Amazon, contacté par téléphone, ne veut pas commenter. Les principales références de Withney Houston ont été, sans aucun doute, refabriquées en début de semaine et livrées dans la foulée.) Lire la suite →

14 février 2012
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Beloola, nouveau réseau social en 3 D

La numérisation de la musique a profondément changé le rapport et le lien que pouvait avoir le public avec les artistes. La disparition du support physique pose une réelle problématique dans le processus de découverte et de fidélisation à un artiste qui est la base de toute construction de carrière. Ce lien, une société Lilloise va tenter de le recréer de façon virtuelle et en 3 D sous la forme d’un réseau social que les utilisateurs peuvent personnaliser comme leur propre environnement quotidien.

Rencontre avec Tom Gauthier, fondateur de V-Cult, société qui va lancer beloola.com courant avril.

Luc Michat : Le projet Beloola est né à quelle époque ? Quel a été le déclencheur ?

Tom Gauthier : Le projet est né en 2007. A l’époque je travaillais chez Publicis, la société a été crée elle en fin d’année 2009, après avoir trouvé des partenaires et un incubateur, Euratechnologies à Lille. La version beta de Beloola va être mise en ligne au mois d’avril prochain.

LM : Sur quel type de financements avez-vous pu compter pour vous lancer ?

TG : Au départ nous étions autofinancés, et à la fin 2009, nous avons trouvé des Business Angels de la région Lilloise qui ont investi un peut d’argent pour nous permettre de recruter un collaborateur et démarrer réellement la conception. Notre technologie est unique, et pour cela, il fallait une équipe d’ingénieurs pour la mettre en forme. Dernièrement, nous avons eu également le soutien d’Oséo via une aide à l’innovation, qui nous a permis de passer de 4 à 8 collaborateurs.

LM : Beloola sera un réseau social entièrement gratuit ?

TG : Exactement, c’est une nouvelle génération de réseaux sociaux en 3D, basée sur la musique afin de permettre aux artistes et aux fans de tisser un lien continu et d’ajouter de l’émotion, chose peu courante sur le web.

LM : Sur quel modèle économique est basé Beloola ?

TG : C’est une plateforme complètement freemium. On se crée son identité via un avatar et son appartement qui font office de profil. Dans cet appartement, il est ensuite possible de plugger tous les contenus déjà mis en ligne (comptes Facebook, Twitter, vidéos depuis Youtube, Vevo ou Dailymotion et la musique depuis Deezer, Soundcloud ou d’autres plateformes), tout cela gratuitement. Après, dans un second temps, nous allons mettre un outil de distribution de contenus musicaux, où là, nous prendrons une commission de 15 % sur les ventes. Il sera aussi possible de personnaliser son appartement avec des éléments plus distinctifs comme une chaise de créateur qui sera disponible via du micro paiement pour 10 ou 15 centimes d’€.

LM : Mais quelle est la différence avec seconde life ?

TG : Second Life c’est plus une utopie de vie alors que nous sommes fortement ancrés dans la réalité. Vous ne verrez pas dans Beloola des elfes ou des personnages avec des ailes. Il n’y a pas de plugin ou logiciel à télécharger, l’accès se fait directement via le navigateur internet. Lire la suite →

11 février 2012
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Un semblant de concurrence pour iTunes en France dans la distribution de musique digitale ?

L’écrasante domination d’iTunes dans les ventes digitales de musique est elle inexorable ? L’avantage d’Apple c’est d’avoir à sa disposition un « parc » de clients utilisateurs de ses produits qui ne cesse d’augmenter. Même si l’iPod a vu ses ventes fondre sensiblement, la cash machine que sont l’iPhone ou l’iPad apporte un flot de nouveaux comptes iTunes conséquent. Apple tire confortablement des revenus de la distribution de musique grâce à un système qui écrase toute concurrence. Seul Amazon, à l’échelle planétaire, arrive à grappiller quelques parts de marché à iTunes.

En France, Qobuz a par exemple une approche différente et mise sur la qualité audio de ses titres, un des principaux reproches faits à iTunes. En plus d’une offre de streaming haute fidélité, le site propose également du téléchargement de titres. Qobuz est en effet le seul au monde à proposer une qualité CD pour le téléchargement en échange de quelques euros de plus. Le choix est donc laissé à l’acheteur qui peut soit télécharger un titre en MP3 compressé, en Flac notamment, qui est le format qui retransmet le plus fidèlement la qualité CD avec le Wav. Reste encore quelques problèmes de compatibilité ou de taille de stockage pour pouvoir profiter pleinement de la qualité audio proposée. Le positionnement prix est aussi agressif car des « promos » sont aussi proposées régulièrement sur des albums récents à des prix inférieurs à ceux trouvés sur iTunes.

La plateforme s’attaque également au marché du streaming et propose là aussi plusieurs offres de 7 à 29 €. Le prix est variable selon le type d’utilisation et de mobiles qui peuvent écouter la musique en provenance de la plateforme. Saluons en tout cas l’initiative et l’ergonomie du site où l’on se vraiment chez un « disquaire ». Lire la suite →

7 février 2012
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Après le disque physique et la distribution numérique, les maisons de disques seraient-elles en train de perdre leur main mise sur le publishing ?

La crise du disque entraîne de profonds bouleversements dans les relations qu’ont les artistes avec les maisons de disques. Auparavant, la maison de disque ou le label intervenait à tous les niveaux. Un artiste en contrat avec sa maison de disque n’avait généralement pas intérêt ni l’intention d’aller voir ailleurs.

Ce temps est révolu, et la baisse des ventes de disques physiques modifie totalement la donne. Si comme je le pense, le disque physique va presque disparaître dans les toutes prochaines années, ce bouleversement risque de secouer fortement les habitudes et les relations entre artistes et la traditionnelle maison de disques.  Le Midem à vu émerger cette année le statut de l’artiste entrepreneur. L’artiste devient un média ou même une marque à part entière. Le rapport de force risque bien de s’inverser plus les artistes les plus populaires seront tentés de céder aux sirènes de nombreuses sociétés spécialisées dans la gestion des droits regroupant la multitude d’utilisations possibles,  dont la diffusion des titres sur les différentes plateformes de téléchargement légal.

Comment une maison de disques va pouvoir retenir certains artistes alors que les volumes de ventes et la force commerciale pour distribuer le disque physique ou la promotion vers les différents médias ne seront plus un argument suffisant pour les garder en contrat ?

Alors que les revenus d’un artiste étaient majoritairement monocanal via le disque, la numérisation et la baisse des ventes de disques font mécaniquement basculer une partie des revenus vers des revenus multicanaux avec la gestion des droits en forte croissance et une implication plus grande de l’artiste. De nombreuses sociétés sont apparues aux Etats-Unis ou en Europe dont Kobalt Music, une compagnie américaine fondée il y a une dizaine d’années par Willard Ahdritz ou encore Fuga Music, basée à Amsterdam dont le fondateur Martijn Tjho a fait fortune en revendant sa société spécialisée dans les jeux vidéos à Endemol. Lire la suite →

6 février 2012
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Rencontre avec Cécile Rap-Veber, directrice d’Universal Music Consulting & Contents

Universal Music est l’une des premières maisons de disques à avoir compris l’importance des diversifications. Que ce soit à l’époque avec le Club Dial, le kiosque et collections de DVD, ou Universal Music Mobile, le but recherché est d’être moins dépendant de l’activité disque. Universal s’est dotée d’une branche totalement dédiée au 360 pour valoriser l’énorme catalogue d’artistes prestigieux dont la major dispose et avoir toute une palette de solutions et réponses à proposer aux marques ou directement à destination du public comme avec le merchandising. Rencontre avec Cécile Rap-Veber la directrice d’Universal Music Consulting & Contents, dont l’agence de conseil U-Think dépend directement.

Luc Michat : Quelle est l’origine de la création de U-Think ?

Cécile Rap-Veber : L’idée est qu’une maison de disque investit énormément sur le lancement d’un artiste de par la production et la promotion des enregistrements dont Universal est la source. Avec la crise du disque nous avons cherché des relais de croissance. La notoriété d’un artiste peut être l’occasion de construire ensemble des collaborations autour de la musique avec des partenaires afin d’avoir de l’exposition plus importante pour l’artiste et d’avoir pour les marques des ambassadeurs. Les marques ont de plus en plus d’appétence pour l’univers musical car contrairement aux sportifs ou aux comédiens, dans la musique, on peut trouver une grande diversité dans les artistes et chaque marque peut trouver un ambassadeur parmi les différents styles musicaux tels que le jazz, le classique, le rap, la variété ou le rock. Les marques ont compris cela et elles font de plus en plus appel à nous.

LM : Quels sont les secteurs d’activités les plus représentés dans les opérations déjà lancées, l’automobile, les télécoms ?

CRV : On est à une centaine d’opérations. Ce qui est extraordinaire, c’est que c’est très diversifié, cela peut être par exemple l’alimentation avec Jena Lee, Quentin Mosiman et Tom Frager pour Crunch parce que ce sont des artistes qui s’adressent à une cible jeune. Bien évidemment la beauté car de jeunes chanteuses peuvent être des ambassadrices tout comme des actrices et également le gaming où nous avons fait une opération avec Nintendo, Cœur de pirate et Nolwenn Leroy. Évidemment Jenifer a été ambassadrice pour Ford mais il n’y a aucun secteur qui peut être écarté dés lors que l’on trouve le lien affectif avec la marque.

LM : Pourquoi les marques françaises sont plus frileuses pour s’engager sur une tournée d’artistes français par exemple alors que l’on voit des Motorola ou Blackberry sponsoriser des concerts ?

CRV : Il faut être sincère, pourquoi les marques s’associent à des artistes américains ? Parce qu’ils sont mondiaux et que nous nos avons très peu d’artistes qui s’exportent. Les marques veulent un retour sur investissement des plus intéressants mais on voit aujourd’hui le Crédit Mutuel s’intéresser à la musique, nous travaillons avec la Société Générale, Bouygues Telecom, Samsung ou encore Sony Ericsson. Auparavant, les marques étaient gérées à partir de leur siège social installé aux Etats-Unis ou en Asie, mais désormais, certaines filiales françaises qui sont très fortes,  peuvent imposer à leur siège de travailler directement en local.

LM : Quel rôle jouera U-think dans l’accord Universal / Live Nations pour Madonna ?

CRV : Universal Music a la distribution exclusive des albums de Madonna aussi bien en physique qu’en numérique et nous nous autorisons avec l’aval de Madonna à pouvoir monter des partenariats qui resteront autour de la distribution numérique ou physique de ses enregistrements. Si bien évidemment  une opportunité se présente à nous via nos partenaires, nous sommes capables de remonter l’information tout de suite. Lire la suite →

2 février 2012
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Pour Neil Young, « La Piraterie c’est la nouvelle radio »

Neil Young qui s’exprimait récemment lors d’une conférence aux Etats-Unis, dit qu’il ne se sent pas plus concerné que cela par la piraterie. « Cela ne me touche pas vraiment, j’observe Internet comme une nouvelle radio. La piraterie, c’est la nouvelle radio. C’est comme ça que la musique évolue » Pour lui, il croit toujours dans les maisons de disques car elles dénichent toujours les talents et  cela n’existe pas avec iTunes ou Amazon »

Neil Young ajoute que le principal problème de l’industrie du disque est la piètre qualité des fichiers digitaux disponibles. « Le MP3 n’utilise que seulement 5 % des données présentes d’un enregistrement original studio, l’usage du digital fait que les gens doivent choisir entre la qualité et la facilité d’utilisation mais les utilisateurs ne devraient pas à avoir à faire ce choix »

Pour Neil Young les utilisateurs devraient réclamer une bien meilleure qualité de fichiers ainsi que de nouveaux lecteurs de meilleure qualité pour les lire.

L’artiste aux 33 albums studios indique que Steve Jobs et Apple à travers l’iPod et iTunes ont été ce qui a démocratisé l’utilisation du MP3 et que le fondateur d’Apple comprenait bien la nécessité d’élever la qualité des fichiers musicaux. « Steve Jobs est un pionnier dans la musique digitale mais quand nous rentrions à la maison, il écoutait des vinyles, et s’il était encore de ce monde, il ferait ce que je suis en train de faire »

Bruno Crolot Directeur du Midem

1 février 2012
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Bruno Crolot, Directeur du Midem, nous dresse le bilan de l’édition 2012

Le Midem 2012 s’est clôturé mardi sous quelques flocons mais l’effervescence était bien réelle et ce dès le samedi matin. Les habitués ont été un peu perturbés à leur arrivée, le palais n’étant presque plus utilisé au détriment des espaces qui sont proches de la mer.

Le bilan pour l’équipe du Midem est bon puisque la fréquentation est en progression, une première depuis 5 ans, le chiffre a progressé de 13 % avec près de 7000 visiteurs.

Le Midem a aussi été le théâtre le 28 janvier,  de la signature d’un accord-cadre qualifié « d’historique », ouvrant la voie à la création du Centre national de la musique (CNM). Prévu pour voir le jour cette année, cet organisme, soutenu par le gouvernement, devra fédérer la filière musicale et en « défendre les intérêts communs », mais aussi favoriser la création et la diversité musicale, améliorer l’accès de tous aux œuvres musicales, y compris les moins exposées, et l’irrigation des territoires, grâce à des aides.

Bruno Crolot, directeur du Midem répond à mes questions :

Luc Michat :

Le Midem n’est pas encore terminé lors de cette interview mais quel est le premier bilan ?

Bruno Crolot : Bonne impression, j’étais très content de découvrir ce Midem que l’on a pensé pendant un an. Je crois qu’il a rempli ses objectifs et que les visiteurs ont été satisfaits puisque d’ailleurs ils sont venus plus nombreux de 13 % cette année, une première depuis 5 ans. Les visiteurs étant des personnes qui ne sont pas rattachées à un stand et c’est un signe très positif. Beaucoup de nouveautés ont plu et correspondent à ce que nos clients attendent, c’était vraiment un des projets de cette année. Pour résumer, on a refait entièrement la décoration du magasin en gardant le rideau ouvert et les clients qui rentrent.

LM : Vous avez baissé le prix des inscriptions de 30 %, est-ce que l’équilibre financier du Midem est assuré pour les années à venir ?

BC : Tout à fait, on a fait un vrai effort sur le prix des participants qui ne sont pas liés à un stand ou un pavillon. Depuis plusieurs années, on nous faisait remonter les préoccupations liées au coût global pour venir au Midem. Dans le coût global, il y a l’accréditation, le transport, l’hébergement… et l’accréditation représente 30 % du coût global donc on a voulu travailler la dessus pour avoir plus de monde et aller chercher ces populations différentes et plus jeunes et notamment de celles qui venaient au Midem traditionnellement. Pour les artistes, il y a même un tarif très bas à 295 € qui a fonctionné puisque 320 sont venus à ce tarif. Un équilibre financier se construit entre une balance de coûts et de revenus. Nous avons adapté nos coûts de manière à garder l’équilibre financier. Cela a été un challenge car nous avons beaucoup investit, il y a deux fois plus de conférences que l’année dernière, il y a le festival sur lequel on a beaucoup investit et le Midem Off.

LM : Cette année, l’ambiance était plus celle d’une startup, c’était un des objectifs ?

BC : On a voulu s’adapter à l’environnement et le business de la musique pour que chacun se retrouve à l’aise au Midem. C’est compliqué car il y a de plus en plus de populations différentes et notre rôle est d’être les entremetteurs et ce sera également le challenge pour l’année prochaine  d’encore fluidifier les relations et que personne ne se sente à l’écart, que le business soit optimisé car nous sommes là également pour faciliter des accords et des rencontres. Lire la suite →

Kevin Roberts by Duncan Cole

28 janvier 2012
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Kevin Roberts CEO de Saatchi & Saatchi tacle sévèrement la filière de la musique

En amont de son intervention au premier Visionary Monday du Midem, le lundi 30 janvier, Kevin Roberts, CEO Monde de Saatchi & Saatchi (Publicis Groupe) n’y va pas par quatre chemins. Son intervention risque de bousculer la sérénité et l’optimisme de ce début de Midem.

Dans une interview a Musique Info Hebdo, il dégage quelques orientations qui seront probablement la trame de sa Keynote. Pour Kevin Roberts, « la musique n’est pas un business. C’est un art et un mode de vie. C’est la bande son de nos souvenirs. […] De la même façon qu’Andy Warhol a rendu l’art accessible à tous, la musique doit être accessible pour chacun, de nos jours. Steve Jobs est le dernier exemple en date à avoir mis en œuvre cette idée, a travers iTunes et l’iPhone. L’erreur qu’a faite l’industrie musicale a été de se comporter en industrie justement. Car la musique n’appartient ni aux labels, ni au producteurs. Elle appartient au peuple. Je travaille régulièrement avec les maisons de disques à travers mon activité dans la publicité. Je connais donc la filière musicale de l’intérieur. La plupart de ses problèmes viennent du fait qu’elle s’intéresse plus au business qu’a la musique. J’imagine que c’est de tout cela dont je vais parler a Cannes. Mais quoi qu’il en soit, ce seront des propos révolutionnaires ».

Le CEO de Saatchi & Saatchi continue sa fronde et ajoute « l’histoire de la filière musicale est que les artistes se sont fait piller. Les consommateurs eux aussi, se sont fait piller. A tel point qu’aujourd’hui, il n’y a plus de business mode et que nous devons en trouver un nouveau. Je pense que la meilleure façon de procéder n’est pas de partir du label ou du producteur, mais du consommateur qui est devenu le patron. Sans oublier, bien entendu, celui qui reste l’élément le plus important du nouveau modèle : l’artiste. Apple est vraiment parti dans cette direction, en se concentrant sur le consommateur. Il l’a écouté, ce consommateur, qui veut de la mobilité, de la liberté, du choix, de la personnalisation et des titres plutôt que des albums. Amazon a ajouté à tout cela la recommandation. Les professionnels de la filière musicale « vieille école » pensaient que ce seraient les évolutions technologiques qui allaient décider de demain. Cela n’est pas le cas. Ceux qui mènent les autres sont les gens qui comprennent les consommateurs de l’intérieur, et leurs façons de réagir« . Lire la suite →

27 janvier 2012
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Alexandre Bompard : « comment pouvons-nous continuer à assurer une place aussi importante au disque dans nos magasins ? »

Peut être qu’Alexandre Bompard a lu mon dernier post, mais sa tribune récente dans Les Echos, juste en amont du prochain Midem, vient appuyer le sentiment que la Fnac ne va pas bien et qu’elle s’apprête à annoncer de profonds changements dans les prochains jours. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le disque.

En réclamant une baisse et un alignement de la TVA du disque vers celle du livre, Alexandre Bompard ne fait que rendre officiel le fait que les rayons de disques sont déserts et que chaque acteur, dans la distribution spécialisée type Fnac ou Virgin Megastore ou la grande distribution, n’a depuis près de 10 ans, rien pu faire face à cet effondrement . Nous faisons le même constat depuis longtemps lorsque l’ancien PDG d’Europe 1 indique que  « la révolution numérique de la musique emporte également deux conséquences majeures : l’offre s’appauvrit et s’homogénéise avec un déclin des nouvelles références et une concentration croissante sur les best-sellers ; le téléchargement illégal et les offres dites gratuites font tendre la valeur économique de la musique vers zéro, ce que les économistes appellent un « bien public pur », mettant l’intégralité de la filière sous tension »

Il martèle également une donnée que beaucoup semblent oublier lorsqu’ils avancent la forte progression du numérique : « 75% des revenus de la musique continuent à être assurés par les ventes de musique physiques. C’est donc sur le disque que repose encore l’équilibre économique de la filière ». Lire la suite →

cd-casse

20 janvier 2012
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Non, Pascal Nègre, la crise du disque n’est pas terminée

Alors que les salles de cinéma en France battent des records de fréquentation, le marché du disque a perdu près de 60 % de sa valeur en moins de 10 ans et même si la baisse s’est ralentie, le plus inquiétant reste la disparition prochaine des rayons de disques qui seront remplacés par des espaces minuscules qui s’apparenteront plus à des mausolés qu’a de véritables lieux de découverte et d’achats pour le consommateur. Même si les ventes digitales progressent fortement, elles sont encore loin de compenser intégralement la baisse du physique. Les derniers chiffres du SNEP montrent que le numérique ne compense qu’à moitié la baisse des ventes physiques.

Contrairement à ce que clame Pascal Nègre, le PDG d’Universal Music, dans la presse ces derniers jours, la crise du disque est loin d’être finie. A l’image des difficultés que rencontre la Fnac, qui, victime de l’effondrement du disque et de la forte concurrence de l’e-commerce sur les produits techniques (appareils photos numériques, tablettes, smartphones…) s’apprête à annoncer des suppressions de postes et va probablement accélérer  la fermeture de certains établissements. De nombreuses villes comme New-York ou Londres ont vu disparaître en quelques années leurs Virgin Megastore, Tower Records ou HMV. Le disque a complètement disparu du quotidien d’une partie des habitants des pays développés alors que le cd, souvent piraté, reste recherché et objet de convoitise dans des pays comme l’Inde ou la Chine.

 La musique matérialisée demeure le principal vecteur de découverte et d’achat d’entrainement. Les grosses ventes de CD de Florent Pagny, Céline Dion ou de Francis Cabrel par exemple,  étaient une conjoncture d’une présence massive en radios mais également d’une visibilité dans les étagères CD des particuliers et dans les rayons. Le processus de mimétisme jouait donc à son maximum et les CD qui ont atteint des records de ventes étaient des CD qu’ils faillaient avoir chez soi car on les avait vus chez ses proches en plus des rayons disques.
La réponse des maisons de disques à l’arrivée du numérique a été complètement à rebrousse poil de ceux qui achetaient encore des disques. Plutôt que de donner plus de services ou d’utiliser sa musique achetée légalement comme il l’entend, l’acheteur de CD, était bloqué par des systèmes anti copies, et des restrictions multiples ce qui rendaient les disques ou les titres achetés moins utilisables librement que des titres téléchargés illégalement. Ceci est et restera la plus grande erreur du secteur du disque. Lire la suite →

2 janvier 2012
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Rencontre avec Célia Pénavaire, Community Manager du quotidien Les Echos

Page d'accueil lesechos.frCélia Pénavaire est Community Manager du quotidien Les Echos depuis 2010. Journal qui vient récemment de changer de Président. Nicolas Beytout a été remplacé fin septembre par Francis Morel qui a annoncé le 13 décembre de profonds changements au sein du premier quotidien économique français.
Plan d’économies, diversifications et développement numérique sont les 3 piliers de cette nouvelle politique au sein du journal orchestrée par celui qui à profondément transformé Le Figaro pour en faire un groupe rentable dont toutes les diversifications (numérique, collections, édition, événements…) pèsent à présent 25 % du chiffre d’affaires du groupe.

Il est donc à souhaiter que ce changement de cap permette au quotidien économique confronté, comme l’ensemble de la presse, à une mutation des usages et une baisse des investissements publicitaires, de retrouver l’équilibre dans les prochaines années.

Luc Michat : Quelle était ta mission initiale lors de ton arrivée à ce poste ?

Célia Pénavaire : Ma mission était et est toujours de diffuser le contenu des Echos sur les réseaux sociaux. Il y a 2 objectifs : un objectif d’image de marque, de création d’une communauté autour de la marque et d’un lien entre les lecteurs et Les Echos. Il y a également un objectif d’audience.

LM : Combien de journalistes utilisaient Twitter à ton arrivée ?

CP : Une quinzaine.

LM : Et aujourd’hui ?

CP : Environ 80, la liste est sur www.lesechos.fr/twitter et il y a aussi des personnes dans tout le groupe qui tweetent de plus en plus.

LM : Quel est ton emploi du temps ? Arrives-tu à couper le cordon quand tu as quitté le bureau ?

CP : Non… (rires), c’est très difficile, ça peut être un boulot 24h/24. En général, je commence le matin vers 8h00 et je continue souvent en rentrant chez moi le soir. Globalement, j’essaie de faire du 8h/20h.

LM : On sait justement que le prime pour les réseaux sociaux c’est 8h à 9h le matin et 20h / 21 h ?

CP : On le voit en effet, de 8h à 9h les gens sont dans les transports sur leurs Smartphones donc Twitter marche très bien le matin, Facebook ça marche tout au long de la journée car les gens en font plutôt une utilisation sur leur poste fixe.

LM : Y a-t-il déjà eu une « Une » liée à des infos sur Twitter ?

CP : Pas spécialement. Les infos sortent en premier sur Twitter mais le travail des journalistes ne change pas, il doit toujours vérifier l’info avant de la faire paraître, qu’elle vienne de Twitter, de l’AFP ou d’un appel téléphonique, peu importe. Twitter accélère juste le processus. Et plus ça va et plus on aura d’infos qui viennent des réseaux sociaux et le travail de vérification restera primordial.

LM : Quel est ton rôle vis-à-vis des journalistes ?

CP : J’ai surtout un rôle de formation. Quand j’ai commencé, personne ne savait ce qu’était ce métier (de Community Manager, ndlr). Depuis, j’ai formé 70 journalistes sur Twitter notamment et je fais du « consulting » pour d’autres filiales (Les Echos Conférences par exemple, ndlr) et certaines fonctions support du groupe. C’est surtout un rôle d’évangéliste.

LM : Quelles étaient les principales craintes ?

CP : « Qu’est ce que je vais dire ? »,  « Pourquoi faire ? » Il a fallu que je leur démontre quel était l’intérêt pour eux car cela prend du temps. Derrière il faut que cela apporte quelque chose dans le travail quotidien de chacun. En fait, ils se sont beaucoup appropriés Twitter comme outil de veille, ils ne publient pas forcement beaucoup de choses mais ils surveillent beaucoup les gens de leur secteur cela a été un des arguments de masse.

LM : N’y a-t-il pas une forme de plus grande liberté de parole, de ton, de la part des journalistes sur Twitter par rapport au ton employé dans le journal ?

CP : En 140 signes tu n’as pas forcement le même ton que dans un papier, après il n’y a pas de consignes, ce sont des gens intelligents, au Wall Street Journal, par exemple, il n’y a qu’une seule consigne : « Don’t be stupid ». On peut avoir une liberté de ton, Twitter  peut être un langage oral mais on doit toujours faire  attention à ce que l’on dit, c’est juste du bon sens. Lire la suite →

1 janvier 2012
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La 3 D au cinéma en déclin ? Pour James Cameron : « c’est comme le passage du noir et blanc à la couleur »

James Cameron ne cesse de le crier à qui veut l’entendre : « La 3D est l’avenir du cinéma »
Le réalisateur d’Avatar ou de Titanic, a déjà en projet de sortir deux nouveaux volets pour Avatar, succès planétaire de 2009. Preuve de sa confiance dans la 3D, James Cameron a décidé de sortir en avril prochain une version 3D de Titanic, afin de commémorer le centenaire du naufrage du célèbre paquebot. Pour lui, cette technologie est « comme le passage du noir et blanc à la couleur, dans cinq ans, tout le monde tournera en 3. »

Sauf qu’en termes d’entrées, les spectateurs auraient de plus en plus de réticences à mettre la main à la poche pour payer le supplément 3D. Certains films, comme Pirates des Caraïbes IV n’avait par exemple que 47 % de ses entrées en 3D. Les résultats de Kung Fu Panda 2, semblaient également confirmer ce coup de mou pour la 3 D aux Etats-Unis. Pour Greg Forster, le président d’Imax Filmed Entertainment (société qui conçoit des caméras et projecteurs, et distribue les films tournés en Imax), « les spectateurs sont très intelligents. Quand ils sentent que quelque chose veut être plus que ce qu’il n’est, ils s’en rendent compte très vite. »

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24 décembre 2011
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Vers la disparition prochaine des rayons disques ?

Finalement, on s’habitue au rétrécissement des rayons de disques qui a été opéré que ce soit dans les magasins spécialisés (Fnac, Virgin Megastore…) ou dans la grande distribution (Carrefour, Auchan, Leclerc Hyper U…). Cela prouve le grand désintérêt du public mais aussi des intermédiaires censés commercialiser et mettre en avant le catalogue proposé par les maisons de disques.
Il est en effet loin le temps où dans la grande distribution, les rayons disques étaient situés à droite juste après l’entrée.

Désormais, que ce soit dans les commerces spécialisés ou dans la grande distribution, c’est  le rayon disques au complet qui est fortement réduit pour en devenir presque invisible.

Prenons l’exemple du Virgin Megastore du carrousel du Louvre qui ferme ses porte le 31 décembre 2011, le livre, les DVD et les produits numériques ont complètement repoussé le rayon disques au fond et sa superficie a été finalement réduite par trois en quelques années. Je me suis rendu récemment pour les fêtes de fin d’année dans une grande surface de l’enseigne Auchan, à Bagnolet, le rayon avait encore changé de place, et à la veille de Noël, il était déserté. Je crois même qu’on ne peut plus appeler cet espace un rayon disques tellement il a été réduit, tellement tout y est désorganisé. Ceci ne permet bien évidemment pas à l’amateur de disques de pouvoir écouter, découvrir et acheter dans de bonnes conditions des CD. Nous sommes en train de vivre la fin des rayons disques que ce soit dans la grande distribution mais aussi dans les magasins spécialisés car l’offre est si réduite qu’il est impossible d’attirer de nouveaux acheteurs.

Les responsables des magasins ne font que réagir de façon raisonnée à une baisse vertigineuse du chiffre d’affaires des rayons disques. Le marché a ainsi perdu près de 60 % de sa valeur en 10 ans ! Lire la suite →

22 décembre 2011
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Hachette passe à l’action pour lutter contre la piraterie de ses livres numériques

Le développement des tablettes entraine une hausse de la piraterie de livres numériques

 Hachette livre entend surveiller les réseaux peer to peer et les sites de téléchargement afin de lutter contre le piratage des livres publiés par les différentes maisons d’éditions du groupe.

On s’en rend compte de plus en plus dans les transports, le Kindle d’Amazon est en train de faire une sensible percée sur le marché des tablettes. En effet, la liseuse maison semble se vendre très bien grâce à une politique prix très agressive, en effet aux Etats-Unis, Amazon propose sa liseuse à 79 $ et la version haut de gamme à 199 $. Pour Amazon, son Kindle Fire est le meilleur lancement qu’ils n’aient jamais vu. Ils s’en vendent des millions et en fabriquent des millions indiquait récemment Dave Limp, le patron de l’activité Kindle chez Amazon.

Cette percée permet à Amazon de chatouiller Apple sur le marché des tablettes, même si l’iPad représente encore 78 % du marché des tablettes, Amazon vend désormais aux Etats-Unis, où 12 % des américains ont une liseuse électronique, plus de livres numériques qu’au format papier. Lire la suite →

15 décembre 2011
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La course à la communication « Digitale »

Pour le lancement d’un nouvel aspirateur Rowenta, Seb est en train d’investir massivement dans la communication digitale avec près d’ 1 million d’€ de budget soit 20 % du budget de lancement. Le groupe Seb mets les moyens et prends conscience de l’importance des réseaux sociaux. En parallèle, il est intéressant de voir que la célèbre agence Fred&Farid à qui l’on doit les pubs Schweppes, Orangina ou Oasis s’est laissé complètement distancer dans le digital et fait la course au folowers pour assoir sa crédibilité dans la communication digitale.

Depuis son arrivée il y a une dizaine de mois, Rodolphe Roux, Directeur marketing digital de Seb a décidé de refondre complètement la communication des 23 marques du Groupe Seb « afin de faire basculer le groupe dans une nouvelle ère en modernisant sa communication stratégique, développer une stratégie digitale compréhensible en interne comme auprès de nos consommateurs, et enfin digitaliser notre marque au niveau mondial ». Lire la suite →

12 décembre 2011
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Clap de fin pour les laboratoires LTC dans l’industrie cinématographique

Dernière tentative pour les salariés des laboratoires LTC et dernier coup d’honneur.

Les 115 employés de ce de laboratoire de  post-production, qui gère des milliers de films depuis sa création en 1935, se sont mis en grève,  ce qui empêcha la livraison de copies du dernier film de Martin Scorcese, Hugo Cabret.

La société, filiale de Quinta Distribution dont l’actionnaire majoritaire est l’homme d’affaires et producteur Tarak Ben Ammar, souffre sévèrement du passage au numérique et a été mise en redressement judiciaire le 3 novembre.

Une fois de plus, c’est le manque d’anticipation et de vision dans la mutation des industries des contenus qui entraîne la disparition de tout un pan de l’industrie cinématographique.

Croyant pouvoir bloquer la sortie du film produit par Metropolitan Export, les salariés ont bloqué la reproduction numérique et la distribution à destination des 695 salles sauf que ce qui était une contrainte et un danger il y peu encore lorsqu’il n’y avait que des copies physiques devient un simple grain de sable avec l’arrivée du digital et le déploiement à marche forcée ces deux dernières années des projecteurs numériques. Lire la suite →