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Médias, Musique, Cinéma : Chronique d’un monde digital

15 février 2016
par admin
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Musique enregistrée : vers un néo féodalisme au sein d’une économie globalisée ? ? ?

logo universal emi

La musique enregistrée, on peut même parler de secteur ou d’industrie de la musique dans son ensemble, étant donné que l’oeuvre est reproduite, a été l’un des premiers secteurs touché par la mutation de la technologie et de l’économie dans son ensemble.

 

Ce qui se produit au sein de l’économie globalisée, et notamment des nouvelles entreprises technologiques à majorité américaines, est bien représentatif de ce qu’il se passe dans la musique. A savoir, qu’il y a une réelle compétition et une recherche de taille et de valeur pour être et rester le leader. Auparavant, dans l’économie, vous aviez 4 ou 5 gros acteurs qui pouvaient se développer et avoir des marges confortables et chacun se partageait une part du gâteau. Je parle d’entreprises comme Ford, Michelin, Nestlé, General Electric, Philips ou Sony. Toutes ces entreprises faisaient et font encore travailler des centaines de milliers de personnes dans le monde et même si pour certaines elles ont eu des hauts et des bas, elles doivent toujours innover et se repenser pour rester dans la course. N’oublions pas non plus le but d’Henri Ford ou de la famille Michelin qui était de compter également sur ses salariés qui étaient eux aussi des clients de la marque., parfois même les premiers clients. Henri Ford avait par exemple en 1914 doublé le salaire minimum payé dans ses usines et réduit le temps de travail de ses ouvriers tout cela pour soutenir les ventes de sa Ford T qui s’en retrouvèrent à l’époque découplées.

 

De nos jours, avec le capitalisme globalisé représenté par des groupes comme Apple, Amazon, Microsoft, Alphabet (anciennement Google) ou encore Facebook et Amazon, il faut être leader pour s’en sortir et ramasser la mise. Il n’y a plus de place pour les seconds. Voilà pourquoi les valorisations en bourse d’Apple et consorts explosent en bourse et prennent le peloton de tête.

 

Ces entreprises qui n’existaient même pas il y a 15 ans pour certaines, aspirent tout sur leur passage et ne laissent que quelques miettes pour les autres qui sont condamnées a disparaître ou être avalées. La capitalisation d’Apple et d’Alphabet représente quasiment à elles seules, la totalité de la valeur du CAC 40 français, les 40 valeurs les plus importantes en France, avec des entreprises en son sein comme Airbus, Sanofi, Total, LVMH, BNP Paribas, Danone, Axa ou L’oréal.

Quel sera le prochain secteur attaqué par ces entreprises américaines ultra puissantes ? La banque, l’automobile, la robotique ?

 

Pour la musique, va t-on au final ne voir que des Universal, Spotify, Apple et You Tube sortir vainqueurs de cette compétition et qui auront donc la maîtrise et le contrôle total de ce que l’on va écouter et se partager la grande majorité des revenus et profits comme peut le faire Apple dans la téléphonie mobile et les téléphones intelligents ?

 

Cela en prend malheureusement le chemin, une très grosse partie de la musique est désormais produite, distribuée ou diffusée que par une poignée d’acteurs. Fini le temps du disquaire indépendant et du label indé qui arrivait à s’en sortir dignement.

 

Moins d’acteurs, c’est moins de diversité, de pluralisme et d’inventivité.

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8 septembre 2014
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Quand la synchro perd les pédales

TF1-pub

Et de 3 ! A très peu d’intervalle, 3 titres sont exploités à des fins publicitaires par deux marques en même temps.

Tout d’abord, le titre Da Da Da du groupe Trio publié en 1981 était utilisé par deux marques et produits à la rentrée 2012. D’un côté Beroca, un complément alimentaire vitaminé du groupe Bayer avait commencé l’illustration musicale de sa publicité dès octobre 2011. Citroën pour la C4 Picasso décidait également à la rentrée 2012 d’utiliser le côté répétitif du titre et son ancrage dans les années 80 pour une campagne dont l’objet était «Les années 80 c’est bien en musique seulement » et qu’il était temps de changer de véhicule. Dans ce cas là, c’est un vrai parasitage car les films étaient utilisés en même temps et pour un message bien différent. Rebelote l’année dernière avec Renault qui a commencé à utiliser l’excellent titre « Midnight City » de M83 qui en moins de 12 mois sera utilisé pour Samsung et son Galaxy Tab 2, Renault et son Captur et Ariel, une marque de Procter et Gamble, pour le lancement de son produit 3 en 1 Pods. Le titre est depuis cet été utilisé en simultané pour Renault et Ariel. N’y avait-il pas d’autres titres pour illustrer un film publicitaire censé vanter les mérites d’un produit innovant ?

Dernièrement, le groupe Elephanz a vu son titre utilisé en moins d’un an par Volvo, Numéricable et désormais la Fnac. Ce titre se verra utilisé pendant plusieurs mois par Numéricable et la Fnac de façon conjointe. Le spot de la Fnac est pour promouvoir les objets connectés et là encore, l’agence fait appel à un titre déjà utilisé pour vanter les services d’un fournisseur Internet et bien présent dans les esprits. La sonorité électro pop de « Time for a change » va comme un gant à une publicité sur les objets connectés, mais les personnes chargées de la musique dans les agences ne se foulent vraiment plus et vont au plus sûr pour séduire le client annonceur. Pour le groupe Elephanz que j’ai rencontré il y a peu, il n’y a rien à revoir là-dessus, de leur côté, cela fait de l’exposition qui manque cruellement en radio et cela leur permet également d’investir dans du matériel pour continuer à progresser et bâtir leur carrière. Mais du côté du public, cela commence à faire beaucoup, le public s’interroge ainsi sur le site musiquedepub.tv.

Que ce soit chez l’éditeur ou l’agence, c’est assez irresponsable et pas très professionnel de faire coexister des films à vocation publicitaire avec la même musique et pas vraiment respectueux du public et de l’annonceur. L’artiste ou l’ayant droit est forcément mis au courant de ce type d’utilisation, il en récolte ensuite les fruits car plus le titre est connu, plus le forfait payé pour utiliser le titre est conséquent. Lire la suite →

8 juillet 2014
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Le CD et le téléchargement s’effondrent sur le marché américain

iTunes juillet 2014
Que ce soit l’album CD ou le téléchargement de titres et d’albums, la vente de musique et sa possession sont en train de rentrer dans une spirale très dangereuse.

A en croire le dernier baromètre semestriel réalisé par Nielsen le téléchargement de titres passe de 682,2 millions de titres vendus à 593,6 au cours de ce premier semestre soit une baisse de 13 % sur 1 an. Côté albums téléchargés, ils s’est vendu 180,2 millions d’albums en téléchargement ce qui représente une baisse de 14,3%. Du côté des albums physiques, la chute est encore plus marquée avec un effondrement de 19,6 % des ventes d’albums en CD avec 62,9 millions d’albums écoulés.

La chute du téléchargement change de rythme, l’année dernière, les titres téléchargés avaient connu une chute de 6%, cette année, la baisse est à deux chiffres et la tendance semble ne pas pouvoir s’inverser.
Ces chutes des ventes de CD et de téléchargements se font au profit du streaming qui croît de 44%. Le changement de modèle passe donc la vitesse supérieure et on comprend ainsi mieux l’urgence pour Apple de se positionner en catastrophe sur le marché du streaming en rachetant Beats et face à la baisse des ventes sur iTunes.

Côté classements des titres les plus écoutés en streaming, Katy Perry et son titre « Horse » ont été écoutés 188 millions de fois, suivi du titre « All of me » de John Legend avec 145 millions d’écoutes en streaming et Jason Derulo avec « Talk dirty » écouté 142 millions de fois.
Le vinyl quant à lui poursuite sa renaissance avec une hausse de près de 40 % des volumes vendus avec plus de 4 millions d’unités vendues.

27 juin 2014
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Interview de Bernard Miège, professeur émérite à l’université Stendhal de Grenoble

Bernard Miege

Bernard Miège est professeur émérite à l’université Stendhal de Grenoble, spécialisé dans les sciences de l’information et de la communication. J’ai moi-même été son élève pendant plusieurs années et il m’a toujours guidé dans ma réflexion de part ses écrits et la qualité de son analyse long terme. Il s’est en effet depuis des années, penché sur les médias et les industries culturelles. C’est pour ces raisons qu’il a été distingué du titre de Docteur Honoris Causa par les universités de Suisse Italienne, Montréal, Bucarest et Kinshasa. Il participe encore à ce jour à de nombreux séminaires et colloques à travers le monde. Il était important pour moi de vous faire partager quelques échanges avec lui sur les industries culturelles et les médias, toujours en profonde mutation.

Pour Bernard Miège, Il n’y a pas un avant ou un après numérique. Le numérique intègre des tendances qui étaient à l’oeuvre antérieurement. Je suis un universitaire qui s’intéresse aux tendances lourdes, longues. Je ne fais pas de prévisions. La prévision est très difficile. En 2005-2007, je doute que beaucoup de gens auraient pu prévoir ce que sont devenus Facebook et un petit peu plus tard Twitter. Par contre, bien des choses annoncées ne se sont pas déroulées. Sur la musique, bien sûr que les majors sont contestées, mais certaines données professionnelles, même si elles sont remises en cause, tendent à prouver que le chiffre d’affaire de l’industrie de la musique avait retrouvé en 2013, son niveau de 2003 avec des offres différentes. Dans le cinéma, des pronostics similaires avaient été faits et l’industrie de la diffusion du film s’est réorganisée. Il est donc difficile de tirer des conclusions très précises. Pour la musique enregistrée depuis une dizaine d’année, on assiste à une fragmentation de la consommation par le biais de titres ou de listes. On dit que Deezer ou Spotify ne sont pas rentables mais ils ont pris une place tout en évoluant et bougeant beaucoup. Le portail va devenir un élément clé. Autre constat, c’est que l’offre change et que le numérique a accentué considérablement le « vivier » d’artistes non professionnels ou proches d’être professionnels mais c’est bien vers les portails qu’il faut se tourner car ils sont une façon de faire payer l’usage de la musique et de lutter contre le piratage ou la consommation non rémunérée.

« S’il y a un impérialisme américain aujourd’hui, il est dans le fait que les Etat-Unis mettent tous leurs oeufs dans le même panier, que sont les industries de la culture, de l’information et de la communication »

Les « «Big five » américaines et Samsung ont pris une importance considérable qui n’était pas prévisible à ce point. Elles ont des moyens financiers parmi les premiers de toutes les industries et achètent de nombreuses petites entreprises de façon défensive. De leur concurrence, va naître des pratiques nouvelles. Il y a des enjeux importants dans l’intermédiation (du producteur/ éditeur au consommateur) et il faut suivre cela. On ne le perçoit peut être pas encore bien, mais cela est central dans l’économie américaine. Presque à l’échelon de la planète, c’est là ou ils réussissent par rapport à l’économie traditionnelle où les Etats-Unis subissent une concurrence frontale avec la Chine. C’est comme si les Etats-Unis mettaient tous leurs œufs dans le même panier que sont les industries de la culture, de l’information et de la communication. S’il y a un impérialisme américain aujourd’hui il est là, pas ailleurs.

L'industrialisation des biens symboliques

L’industrialisation des biens symboliques : Les industries créatives en regard des industries culturelles par Philippe Bouillion, Bernard Miège et Pierre Moeglin Editions PUG

Luc Michat : Avec au cœur de cette stratégie, le Smartphone qui est désormais utilisé majoritairement pour utiliser par exemple des applications telles que Facebook, Twitter ou Vine et une croissance du nombre d’utilisateurs des Smartphones considérable que ce soit en Asie ou en Afrique avec une émergence de la classe moyenne ?

Bernard Miège : J’ai été à plusieurs reprises à l’étranger au cours de la dernière année, notamment en Chine ou j’ai été frappé de l’usage du micro-ordinateur qui reste très secondaire car les réseaux sont insuffisants alors que les gens que je voyais et qui font partie de la classe moyenne supérieure sont toujours sur leur smartphone. En Afrique, où je vais depuis longtemps et où j’ai des points de comparaisons, je n’aurai jamais imaginé ce qu’est en train de devenir la téléphonie mobile. Nous, européens, avons du mal à voir l’importance de ce phénomène car nous n’avons pas la même utilisation de l’informatique mais ceux qui n’avaient pas un niveau de développement comme le notre dans la micro-informatique personnelle sont passés directement au smartphone même si les différences de pratiques sont considérables.

LM : Pourquoi des secteurs comme la presse ou le cinéma sont arrivés à gérer et maitriser un peu mieux la mutation technologique et surtout à garder une certaine maîtrise de la distribution de leurs contenus qu’ils produisent ?

BM : La musique met en jeu des investissements bien inférieurs, c’est pourquoi les changements sont plus rapides. Pour le secteur de l’information d’actualités, le papier n’est pas fini, c’est une stratégie distinctive avec une présence sur tous les tableaux. Pour le cinéma, le catalogue est détenu par peu de firmes qui peuvent négocier avec les supports de diffusion. L’autre question demeure dans les barrières juridiques comme en France avec la chronologie des médias.

LM : La disparition du support physique au profit de support digitaux entraîne notamment une consommation qui penche plus vers le zapping, certaines études prouvent que les jeunes utilisateurs de streaming zappent dès les premières secondes et que 25 % des titres sont zappés au bout de 5 secondes, 50 % ne sont pas écoutés jusqu’à la fin. Ce type de comportement était marginal avec le support physique, le consommateur était presque contraint d’écouter l’intégralité du contenu d’un album. Quels enseignements pouvez-vous en tirer ?

BM : Le consommateur souffre de boulimie, il veut tout s’approprier sans en avoir le temps. Pareil avec les séries TV où le consommateur peut en payant ou non, regarder l’intégralité d’une série en un temps limité, il y a surconsommation.

LM : Beaucoup d’industries dans l’édition vont chercher la rémunération à l’acte ou un micro-paiement voir un abonnement mensuel comme pour la musique ou la presse ? C’est une tendance lourde ?

BM : Dans l’édition de livres scientifiques désormais, au lieu d’acheter ou feuilleter dans une librairie ou bibliothèque, je peux actuellement acheter le chapitre qui m’intéresse, c’est un changement profond.

LM : Et comment faire payer les digital natives qui se paient des produits technologiques très chers ou des spectacles eux aussi onéreux mais qui rechignent à payer quelques euros pour lire un journal ou écouter de la musique ?

BM : Il y a plus de bureaux de droits d’auteurs sur la planète qu’il y a 10 ou 20 ans, mais il y a deux méthodes pour faire payer les consommateurs. La méthode éducative ou la répression comme avec Hadopi qui ne marche pas. Ce que les majors de la musique sont arrivées à faire, c’est une méthode subreptive, avec des gens qui paient, mais différemment.

18 juin 2014
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Le bras de fer avec Youtube, dernière chance pour l’industrie de la musique de reprendre la main dans la diffusion ?

Youtube Derrière la menace de bloquer les clips d’Adele ou des Artic Monkeys, c’est un véritable bras de fer qui doit se faire entre l’ensemble des acteurs de la musique face à des géants comme Apple, Amazon ou Google.

Ce n’est pas un acte anodin. Pour le lancement d’un abonnement premium, Google via sa filiale YouTube a négocié avec l’ensemble des acteurs de la musique. Il semble que les majors aient déjà toutes signé, mais les indépendants rechignent car les conditions seraient différentes des majors et moins rémunératrices. Voilà pourquoi des labels comme XL Recordings ou Domino freinent des quatre fers et alertent l’assistance comme le Worldwide Independent Network et en appellent à la commission européenne. La force de YouTube c’est de s’être imposé petit à petit comme le second moyen d’écouter et de découvrir de la musique après la radio. Une force considérable qu’il est désormais impossible de nier et revenir en arrière est juste impensable. Pour Robert Kyncl, le directeur des opérations commerciales de YouTube , son entreprise ne cédera pas face à la grogne des labels indépendants et ajoute que ses menaces seront mises à exécution « dans les jours qui viennent ». YouTube se défend et cherche à justifier sa stratégie par une montée gamme et affirme qu’il « ajoute de nouveaux services à la musique en ligne dans l’idée d’apporter de nouvelles sources de revenu pour les éditeurs, en plus des centaines de millions de dollars que YouTube génère déjà pour eux chaque année».

Adele

Adele

En clair, l’avenir se fera avec nous, soit vous vous pliez à nos exigences soit vous sortez. Et vue la force de YouTube, c’est avoir le couteau sous la gorge. Les industries de la musique se doivent de réagir dans leur ensemble et vraiment se battre face aux géants américains qui on le voit, ne sont pas des entreprises philanthropes. Le scénario était cousu de fil blanc, les acteurs de la musique se comportent de façon totalement incompréhensible. Les producteurs de musique tapent sur les consommateurs qui ne paient pas à la caisse, ce qui est compréhensible, mais se laissent ensuite déposséder du contrôle de leurs contenus par des acteurs comme Apple, Google ou Amazon comme de vraies pates à modeler.

Que ce soit à la radio ou à la télévision, les producteurs de disques ont toujours voulu de nombreux acteurs pour permettre une diversité dans la diffusion et la distribution et amoindrir le risque. Aujourd’hui, ces entreprises sont en situation de dépendance face à des acteurs qui se comptent sur les doigts d’une seule main et ce à l’échelle planétaire. C’est à n’y rien comprendre. Si elles veulent montrer leur force et qu’elles sont encore maîtresse de leurs productions c’est le moment de frapper fort, de se mettre tous autour d’une table, et de se battre pour reprendre un peu de leur destinée.

11 juin 2014
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Rencontre avec Elephanz

Elephanz Time for a change

Jonathan et Maxime, sont deux frères à l’origine du groupe Elephanz né en 2008. Time for a Change est l’un des albums que j’écoute le plus depuis l’hiver dernier, un album qu’ils ont façonné tous les deux en sachant bien où ils veulent amener leur musique. Longue rencontre avec deux artistes bien lucides et conscients des évolutions du secteur musical à la veille de leur concert à La Cigale à Paris.

Luc Michat : Après une première sortie de l’album Time for a Change fin octobre 2013 et une date au nouveau Casino le 14 novembre dernier, vous avez fait plusieurs concerts et festivals cet hiver. Aujourd’hui, Jonathan et Maxime vous êtes à la veille de votre concert à la cigale, votre album Time for a Change est ressortit fin avril agrémenté d’une version deluxe avec 4 titres inédits, cela se passe plutôt bien ce premier semestre 2014 ?

Jonathan Verleysen : Ça se passe bien oui, on fait la Cigale demain, c’est une date qui compte et pour laquelle on se prépare depuis longtemps, c’est assez excitant de jouer à Paris. Nous sommes aussi galvanisés par la ressortie de l’album avec un nouvel artwork et de nouveaux titres. Nous n’étions pas rassasiés du studio même après y avoir passé plus d’un an. Après La Cigale, nous sommes à l’aube d’une vraie tournée partout en France et l’accueil dans les salles est incroyable depuis un an, donc on est assez biens.

« c’est comme si on avait déconstruit une statue pour reconstruire quelque chose d’un peu plus grand »

 

LM : Pour la version de l’album sortie fin avril, vous avez décidé de remanier complètement le tracklisitng, c’est assez rare de procéder ainsi, car moi depuis je suis perturbé, je dois être un des rares à encore écouter un album entier et dans l’ordre…

Maxime Verleysen : En fait, c’est comme si on avait déconstruit une statue pour reconstruire quelque chose d’un peu plus grand. On en avait envie et on a prit goût au studio, en s’apercevant aussi qu’en plus de composer des titres avec Jonathan, on avait petit à petit de nouveaux moyens afin d’ouvrir de nouvelles portes et depuis six mois on n’a pas cessé de composer.

JV : Ces titres auraient pu être à la setlist de départ, c’est juste qu’on a manqué de temps et d’argent pour tout enregistrer la première fois. Faire un album de dix titres, c’était peu pour nous qui avions déjà une cinquantaine de chansons.

LM : Cet album était prêt depuis longtemps ? Vous aviez déjà sortit un Ep en 2009 mais Time For a Change est sortit fin 2013, pourquoi ce délai ? Les maisons de disques n’osent-elles plus sortir de nouveaux artistes ?

JV : Non seulement ça, mais l’album, on l’a produit tout seuls. Naïve intervient juste pour la sortie et la mise sur le marché de l’album. On leur a apporté l’album finit et cela a été nos finances qui ont servi à l’enregistrement de l’album et elles ne sont pas extensibles à l’infini. Là, on a eu l’occasion d’avoir un petit peu plus d’argent ce qui nous a permis d’enregistrer les nouveaux titres et comme disait Maxime, de déconstruire pour reconstruire pour passer d’un album de 10 à 14 titres et ne pas ajouter vulgairement 4 titres à la fin.

LM : Le fait que vous ressortiez une version deluxe avec 4 titres inédits prouve votre confiance en ce support, le disque ? C’est une décision commune avec la maison de disques ?

JV : La maison de disque nous a offert l’opportunité de dire qu’on avait le temps, que cet album pouvait être développé sur la longueur car ils y croient beaucoup, et nous avons saisit la balle au bond pour ressortir cette nouvelle version et ce n’est pas fini car cette semaine va sortir un remix aussi. Il y a une telle attente et envie de bien faire avec un premier album que c’est comme une aquarelle, tu ne sais jamais quand t’arrêter, au risque parfois de mettre une couche de trop mais là je ne pense pas.

elephanz-shoot

LM : Quelle est votre position face au streaming qui globalement ne commence à rapporter vraiment que pour des artistes très connus ou très exposés sur les médias traditionnels que peuvent être la radio ou la télévision ?

JV : Il y a un moment, que tu t’en réjouisses ou pas, c’est là, et c’est comme de vouloir remonter le courant avec ta barque, le courant sera toujours plus fort, même en ramant le plus possible. On essaie de faire partie de cette grand messe du streaming. On est quand même dans une société qui tend vers le tout gratuit. Les gens veulent être sur listes et ne plus payer les places de concerts, ça devient bizarre. Tu fais de la musique pour être écouté, et en cela le streaming à réussit son pari. Même au bout de la planète, il y a ce sentiment d’immédiateté et cela a aussi ses avantages notamment pour la promotion. Il y a 10 ans, il fallait graver des disques et les envoyer, cela coutait un bras, aujourd’hui, tu fais un email avec un soundcloud et tu vois ce que cela donne. Donc il y a aussi du bon pour les artistes d’avoir des supports dématérialisés. Cela ne fait pas rentrer beaucoup d’argent, mais cela n’est pas grave dans un premier temps. Certains nous demandent par exemple pourquoi on ne sort pas l’album gratuitement comme l’avait fait Radiohead, mais ce qu’a fait Radiohead, cela ne peut s’appliquer à un groupe qui débute sa carrière comme nous. C’est au final plutôt sain que le public se fiche de savoir qui distribue le disque ou ce qui a été négocié, quel pourcentage avec la maison de disques, et en tant que public je n’ai pas envie de le savoir.

MV : Avant d’avoir été soit même dans la création, être artiste, et de vouloir prétendre en vivre, on ne s’imagine pas être dans l’illégalité quand on télécharge quelque chose et se dire je vais pouvoir l’avoir partout avec moi. Obtenir le titre, c’est aussi le signe d’un certain témoignage d’admiration de faire la démarche pour l’obtenir. Après, ce n’est pas prétentieux non plus de dire que tout travail mérite salaire. Je pense que si l’on demande à un groupe qui débute sa carrière, il n’aura pas la même opinion qu’après le troisième album.

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4 juin 2014
par admin
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Ghost Stories : Coldplay cherche à se faire peur

GhostStoriesbyColdplay

Je n’ai pas voulu écrire cette chronique tout de suite après la sortie de l’album Ghost Stories. Pour moi tout n’est pas à jeter dans cet album mais le groupe se met en danger et tend le bâton pour se faire battre.

Cet album a été annoncé comme l’album du retour aux sources post rupture de Chris Martin avec Gywneth Paltrow. Déjà comme argument, on peut trouver mieux… Ceux qui ont parlé de retour aux sources n’ont pas du beaucoup écouter Parachutes. Moi à cette époque, je passais déjà le groupe dans mon émission de radio et je me souviens très bien de mes premières écoutes de Coldplay à leurs débuts, c’était tout de même un peu plus musclé.

Reste ensuite à décortiquer Ghost Stories avec la bienveillance qu’on doit à un groupe comme Coldplay. Donc ce ne sera pas qu’un procès à charge mais après l’excellent Mylo Xyloto et la tournée qui s’en est suivie, Coldplay ne pouvait pas flancher et avec Ghost Stories, le groupe joue les enfants gâtés qui revient avec un mot sur le carnet.

La batterie de Will Champion au placard

On comprend mieux pourquoi le batteur de Coldplay peut aller faire des apparitions dans Games of Thrones. Ce n’est en tout cas pas sa prestation sur l’album Ghost Stories qui a du lui prendre beaucoup de temps. A vrai dire, il n’y a pas de batterie. Que des séquences, du digital, des rythmiques synthétiques et d’ailleurs pour le titre Magic, le groupe ne savait pas trop comment le jouer sur scène car il n’y avait que du digital à la base. On comprend mieux en effet pourquoi à l’écoute de l’album. Une raison à cette mise au rebus de la batterie de Will Champion : l’album a été enregistré chez Guy Berryman, le bassiste du groupe, et il ne dispose pas d’un grand salon… Donc la batterie ne pouvait être de la partie.

Voilà pourquoi des titres comme Always in my head, Magic, Ink ou Another’s arms semblent avoir les mêmes rythmiques que celles utilisées par Jean-Jacques Goldman il y a près de 20 ans dans Sache que je, Nuit ou Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion…

Beaucoup de personnes décrivent cet album Ghost Stories comme un album expérimental, planant, mais il faut reconnaître une chose, on reconnait bien le groupe de part la voix de Chris Martin mais aussi les claviers ou les guitares sonnent bien Coldplay. Les titres sont assez mous dans l’ensemble mais certains ont une base mélodique bien présente . Voilà pourquoi l’embardée de Coldplay ne peut être comparée à aux albums Kid A de Radiohead ou Congratulations de MGMT qui étaient des tournants importants pour ces groupes.

Avicii, Timbaland et Madeon en renfort

La question concernant Coldplay est pourquoi avoir fait appel à des producteurs extérieurs comme Avicii pour A sky full of stars, Timbaland pour True love et le jeune français Madeon pour Always in my head et O qui nous ressort d’ailleurs les bons vieux craquements de vinyles, je pensais personnellement que plus personne n’utiliserait cela sur des chansons, et bien non. Sincèrement, les titres d’Avicii et Timbaland n’apportent pas grand-chose et surtout pour True love produit par Timbaland, ça sent le réchauffé. La mayonnaise prend bien quand c’est avec One Republic pour Apologise ou Katy Perry avec If we ever meet again. Là on se demande vraiment comment Coldplay a pu se laisser embarquer sur un tel son et pour ce résultat final. A 3 minutes de True Love, le solo de guitares est même déstabilisant tellement il y a des fausses notes. Lire la suite →

29 mai 2014
par admin
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Edge of tomorow : Warner et Tom Cruise se servent des réseaux sociaux pour un lancement mondial

EOT Front

Trois avant premières en une journée à travers la planète pour faire le show lors d’un marathon promotionnel où les réseaux sociaux sont utilisés à plein comme outil marketing et promotionnel. Décryptage.

Voir Tom Cruise faire des selfies ou se faire prendre en photo par le public pendant près d’une heure révèle bien comment les réseaux sociaux sont l’un des maillons à ne surtout pas oublier pour assurer la promotion de la sortie d’un film.

En effet, ce mercredi 28 mai à Londres, Paris et New-York, Warner Bros, pour le lancement mondial du dernier film de Doug Liman avec Tom Cruise, Edge of Tomorow, a décidé de créer un véritable événement pour qu’il soit relayé sur les réseaux sociaux. Tom Cruise et Emily Blunt ont donné de leur personne comme jamais pour assurer la promotion. Désormais, le fan et le spectateur de ce type d’événement est un réel média. Son rôle n’est plus de participer au simple bouche à oreille en amont de la sortie avec une traditionnelle avant première, c’est aussi, comme avec les médias traditionnels, un support promotionnel actif avec l’utilisation massive des réseaux sociaux et de leurs multiples possibilités.

Cruise

Extraits du compte Twitter de Tom Cruise et d’Instagram

Les acteurs jouent le jeu

Pour un acteur tel que Tom Cruise, plus possible de ne faire qu’un presse junket et foncer sur le tapis rouge en signant deux autographes et rejoindre les spectateurs dans la salle. A Paris, l’acteur de Mission Impossible, Minority Report ou Top Gun a vraiment donné de sa personne. Pendant près d’une heure il a signé des autographes mais surtout s’est laissé prendre en photo des dizaines et dizaines de fois alors que les journalistes présents eux n’ont eu que quelques minutes pour lui poser des questions sur son nouveau film.

Une mécanique bien huilée

Le but de ce type d’événement est bien de créer de l’engagement, que le public relaie via ses selfies tweets, retweets ou posts sur Facebook sa photo avec Tom Cruise ou Emily Blunt ou du tapis rouge avec des éléments de décors du film. Le studio fait même bien les choses, rien que pour Tom Cruise, pas moins de 4 personnes sont là pour prendre l’appareil photo ou le smartphone au public qui attend l’arrivée de Tom Cruise à son niveau. Une fois la pose et la photo prise, l’appareil est rendu par l’équipe à son propriétaire. Tout est bien organisé et fait pour que ça aille le plus vite et faire le plus de clichés possibles.

L’idée selon Doug Liman, réalisateur de ce film de science fiction à gros budget, viendrait de Tom Cruise lui-même. Comme le héros qu’il incarne dans le film peut vivre plusieurs vies dans la même journée dès lors qu’il est tué, l’équipe d’Edge of Tomorow emmenée par Tom Cruise a commencé son périple à bord d’un avion privé au départ de Londres dans la matinée, ville où il tourne en ce moment des scènes pour le prochain Mission Impossible, pour rejoindre Paris dans l’après midi et New-York dans la soirée. La veille de cette journée marathon, il était à Rome pour des séances photos à travers la ville et ses monuments.

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22 mai 2014
par admin
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Spotify franchit le cap des 10 millions d’abonnés payants

logo spotify

Leader sur le streaming musical, la plateforme indique avoir 40 millions d’abonnés actifs et se lance dans des solutions à destination des professionnels.

Une brique de plus dans la construction de Spotify lancé en 2008 en Suède. Le leader du marché avec des abonnés dans 56 pays peut désormais compter sur 10 millions d’abonnés payants pour poursuivre sa croissance. Ces chiffres valident la bonne santé du streaming musical qui commence sérieusement à tailler des croupières au téléchargement de titres dans le marché de la musique numérique. C’est une croissance soutenue avec une hausse de 54 % du nombre d’utilisateurs sur un an. Pour Mark Mulligan, Spotify est encore dans la phase des « Early Adopters », des fans de musique qui dépensaient beaucoup en achats de CD ou en téléchargements. Pour le moment, le streaming payant qui doit sauver et soutenir toute une industrie n’a pas dépassé le marché de niche et la masse critique pour être vraiment rentable.

Midia Pandora

La progression se fait encore majoritairement via les abonnés gratuits et la question centrale autour de la conversion gratuit-payant se déroule et si le taux de fidélité des abonnés payants est satisfaisant. Voir deux grosses locomotives mondiales comme les Black Keys et Coldplay boycotter le streaming n’est pas un bon signal pour les abonnés.

Croissance du streaming

Pour élargir sa base de clients, Spotify décide également de se lancer dans le B to B en proposant une version pro dont l’abonnement sera plus élevé que pour les particuliers (environ 40 € /mois), afin de proposer des playlists diffusables au public d’entreprises, bars, commerces et s’adaptant en fonction de la journée.

En novembre 2013, la société avait levé 250 millions de Dollars valorisant l’entreprise à près de 4 milliards. Rappelons que les majors Universal, Sony et Warner sont actionnaires de Spotify.

Voici quelques statistiques de Spotify rendues public hier en même temps que son communiqué :

– Les utilisateurs de Spotify ont créé 1,5 milliard de playlists depuis le lancement de la plate-forme

– Eminem est l’artiste masculin le plus écouté sur Spotify, suivi de David Guetta mais ils n’ont pas à affronter la concurrence d’artistes comme les Beatles absents de Spotify…

– Rihanna est la première du côté féminin, Katy Perry est deuxième.

– David Guetta est l’artiste le plus suivi, avec 5 millions d’abonnés à son profil.

– Wake Me Up d’Avicii est la chanson la plus écoutée de tous les temps sur le service, avec 235 millions d’écoutes.

21 mai 2014
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Coldplay et les Black Keys nous rejouent le boycott du streaming

Deezer spotify

Une pure coïncidence liée au calendrier de sorties ou une réelle stratégie ? La décision de deux groupes majeurs de Warner Music de ne pas publier leurs nouveautés immédiatement sur les plateformes de streaming est un petit caillou dans la chaussure des plateformes de streaming. Souhaitons-leur que cela ne devienne pas une habitude pour ne pas amputer le développement du streaming via un abonnement payant.

De la trésorerie et vite

L’exclusivité donnée à Apple avec iTunes  pour la vente des grosses nouveautés telles que Coldplay (groupe récupéré par Warner après la fusion Universal-Emi, le label Parlophone dont Coldplay faisait partie, a été vendu à Warner pour des questions de concurrence) ou The Black Keys, montre la nécessité pour les maisons de disques et les producteurs de récupérer des fonds très vite, dès la sortie, ce que la vente de disque physique et le téléchargement légal permettent. Les revenus du streaming sont des retours sur investissements bien plus lents et bien moins importants que lorsqu’un client achète un disque complet 15 € ou le télécharge légalement pour 11 €. L’avantage, c’est qu’une fois encaissé, même si l’album n’a pas le succès escompté ou est pas aussi bon qu’attendu, les ventes directes rentrent au bilan rapidement et les acheteurs ne se font pas rembourser. Sur le streaming, pour qu’il soit écouté, l’album doit rencontrer le succès, être au top comme une bête à concours et rester dans les airplays radios sur une longue période, bénéficier d’un bon bouche à oreille, des concerts ou autres expositions, sans quoi, l’album et ses titres ne seront que très peu écoutés.

La position de deux de ses groupes par rapport au streaming arrange aussi probablement Warner Music. La maison de disques vient de récupérer le catalogue Parlophone, Warner n’a pas eu de grosses actualités depuis de nombreux mois, elle veut désormais maximiser ses investissements et profiter de la notoriété et de l’accueil d’artistes comme Coldplay et The Black Keys pour regagner des parts de marché face à Sony et Universal. Mais il est surtout fort probable que la décision finale ait été décidée par les artistes eux-mêmes et leur management.

Quelle réaction pour les clients du Streaming ?

Les fans de Coldplay ou autres artistes dont l’album est attendu sont impatients et trépignent pour le jour de la sortie. Ne pas pouvoir disposer de l’album à l’écoute pour un client de Spotify ou Deezer est une grosse frustration. Cela a été déjà le cas pour Beyonce en décembre, le réflexe des fans est de passer à la caisse sans rechigner. La réaction naturelle est aussi de pester contre la plateforme qui se dégagera vers le producteur comme peut le faire Spotify en indiquant un message du type «L’artiste ou ses représentants ont décidé de ne pas diffuser cet album sur Spotify. Nous essayons de les convaincre et espérons qu’ils changeront bientôt d’avis »(voir ci dessous) afin de se dédouaner vers les artistes ou les représentants. Seuls les titres mis en vente avant la sortie sont disponibles à l’écoute sur les 9 titres qui composent le nouvel album « Ghost Sorties ». « Magic », un des trois titres rendu disponible en streaming, a déjà écouté plus de 55 millions de fois sur Spotify. Concernant Deezer, ils ne font pas mention de la sortie de l’album de Coldplay. Pour The Black Keys, certaines informations portent même à confusion car deux anciens albums sont indiqués comme sortis en 2014… La confusion est donc à son comble pour l’abonné qui devra soit acheter l’album sur iTunes ou en physique, attendre ou le télécharger illégalement s’il veut le découvrir dès sa sortie. Pour ces artistes, le streaming est utilisé comme support de promotion en ne diffusant que quelques titres pour donner envie, s’en servir de tremplin, faire du teasing, rien de plus,  mais il faut acheter pour écouter l’ensemble, comme c’était déjà le cas pour la radio, c’est un peu le Peep Show de la musique !

Message de Spotify à destination de ses utilisateurs pour expliquer la non disponibilité dès sa sortie de l'album Ghost Stories de Coldplay

Message de Spotify à destination de ses utilisateurs pour expliquer la non disponibilité dès sa sortie, de l’album Ghost Stories de Coldplay

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12 mai 2014
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Apple sort son chéquier pour croquer Beats

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Selon le Wall Street Journal, Tim Cook, le PDG d’Apple, se lancerait dans l’acquisition de la célèbre marque de casques audios pour près de 2,4 milliards d’euros. Vu le niveau de cash dont la société dispose, on ne se fait aucun soucis pour sa note de crédit ou pour sa solvabilité après un achat qui est tout de même conséquent et dont la marque à la pomme nous avait plus habitué, par contre, on peut douter du bien fondé et de la synergie de cette acquisition.

Acheter Beats dans quel but ?

Sur de nombreux points,  les deux marques sont juste à l’opposée. Vous avez d’un côté une marque où le produit et le design sont la signature de la marque et de l’autre, des casques vraiment pas discrets et très forts en basse et dont le son est finalement pas si top niveau selon les mélomanes tout cela flanqué d’un gros logo B sur les produits pour bien accentuer le côté bling bling et dire aux autres, oui, mon casque vaut 300 €…

Le constat est bien là, Apple avec iTunes et son iPod a complètement modifié l’écosystème de la musique en basculant à son profit, la maîtrise de la distribution, dans un système verrouillé, ce qu’aucun fabriquant de hardware comme Philips, Sony ou Samsung n’était arrivé à faire.

Pendant une dizaine d’année, Apple a donc vécu très confortablement grâce aux revenus d’iTunes dont la technologie et le coût de développement et de fonctionnement est bien inférieur à ce que cela peut être dans le streaming. Sauf que le téléchargement est en train de s’étioler petit à petit au profit du streaming. La progression du marché du numérique face au disque physique se fait au détriment du téléchargement, et chez Apple, on n’a jamais trop cru au streaming, et chose étonnante, on ne savait pas comment la marque de Cupertino allait se réinventer pour faire face à cette évolution. On a cru un temps qu’iTunes Radio serait une solution mais au final, le streaming se développe sans qu’Apple ne sache réagir. Les revenus de la musique dans iTunes ont complétement fondus, désormais, ce sont plus les app ou les jeux qui rapportent sur la plateforme.

En rachetant Beats, Apple s’assure aussi les services de Jimmy Lovine, cofondateur de Beats et directeur d’Interscope, le label de Dr Dre ou d’Eminem, et qui avait une vision plutôt éclairée du marché de la musique numérique et prédit depuis longtemps le retournement du téléchargement au profit du streaming.

Comment faire coexister deux marques comme Apple et Beats ?

La question que tout le monde se pose par contre est : comment deux marques comme Apple et Beats peuvent coexister ? On ne peut pas dire que grand-chose rapproche les deux marques, elles sont plutôt à l’opposée, même si souvent elles sont complémentaires auprès des clients de Beats qui sont probablement nombreux à disposer d’un iPhone ou iPod. Beats Music, le service de streaming est encore à ses débuts, mais l’approche, l’offre et les possibilités sont assez différentes de ce que proposent Spotify et Deezer. Il faut souligner aussi qu’un client du streaming aura tendance à conserver son matériel existant (ordinateur, Smartphone) alors qu’un client iTunes ou un acheteur de CD rachetait régulièrement des iPod pour augmenter la capacité ou prendre le modèle le plus récent. Au final, cela fait moins d’objets vendus pour Apple et cela risque de se sentir d’ici peu.

A vrai dire, si Apple voulait se lancer sérieusement dans le marché du streaming, acheter Spotify ou Deezer aurait été plus logique, là, avec Beats, il reste encore beaucoup de chemin à faire et qui peut aujourd’hui dire, qui dominera et arrivera à tirer des profits de cette activité dans les prochaines années ? Cette solution avec Beats semble un choix par défaut, et cela ne ressemble pas vraiment à la logique d’Apple.

1 mai 2014
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Le marché du disque et de la musique replonge dans la déprime au premier trimestre 2014

itunes avril 2014

L’embellie de l’année dernière semble déjà loin, les ventes de disques et de musique retrouvent une courbe dont nous sommes habitués depuis le début des années 2000.

Une baisse de 7,1 % pour les 3 premiers mois de l’année, mais surtout une chute de 12,6 % des ventes de disques physiques et de 10 % des téléchargements de titres, voilà les premières tendances de 2014. Seule éclaircie et motif d’espérance des producteurs, la forte progression du streaming qui représente désormais la moitié de la part du numérique qui lui au global, ne représente « que » 33 % du chiffre d’affaire (+ 4 points en un an).

marché de la musique 2013

20 % de la perte du physique comblée par le numérique

Mais lorsque la filière perd près de 10 millions de chiffre d’affaire sur le physique, seulement 2 millions sont gagnés dans le numérique ! J’ai beau avoir eu des faiblesses en mathématiques, cela fait tout de même une très grosse différence et un gap que la filière dans son ensemble n’arrive toujours pas à combler.

Plusieurs raisons à cela. Principalement, un planning de sorties moins équilibré que l’année dernière où les maisons de disques avaient lissé les sorties sur l’ensemble de l’année alors que le dernier trimestre est traditionnellement très riche.

Saisonnalité 2013

Lors de la présentation de ces chiffres, d’autres explications ont été avancées, dont très justement, les conséquences de la cession des catalogues d’EMI entre Universal Music et Warner, souligné par Emmanuel Torregano d’Electron libre. Lors de la précédente fusion entre Sony et BMG qui avaient 20 et 11 % de part de marché, l’ensemble nouvellement crée s’était retrouvé avec 25 % du marché. Comme dans d’autres secteurs, 1+1 ne fait que rarement 2…

A nouveau, les producteurs de disques souhaitent lutter contre la forte concentration des playlistes radios, notamment chez les artistes francophones. A cette occasion, ils souhaitent une sanctuarisation des quotas radios mais aussi une amélioration afin de ne plus se retrouver avec 50 titres qui représentent la moitié des rotations. Lire la suite →

6 mars 2014
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La Fnac se jette elle aussi dans le grand bain du streaming

Fnac Jukebox

Jukebox, c’est le nom de l’offre de streaming lancé par la Fnac. Pas très actuel comme nom mais l’offre proposée peut toutefois trouver un certain écho auprès du public.

L’enseigne, vu le retard prit et le plantage du téléchargement de titres, se devait de frapper fort. Elle ne vise pas le gratuit mais avec une offre qui commence à 2 euros peut rencontrer un certain écho notamment auprès du jeune public. 2 euros pour écouter 200 titres, c’est en effet une très bonne offre, c’est parfois beaucoup plus que ce qu’écoute le public lambda en radio, sachant qu’une bonne partie du public ne cherche qu’à écouter les titres du top qu’il entend sur les radios. 200 titres, cela représente plus d’une quinzaine d’heures de musique non stop.

Avec une qualité annoncée de fichiers moins compressée de 320 Kbps que la concurrence, la Fnac essaie aussi de se démarquer de ce côté. Mais face aux géants du net qui bénéficient d’une optimisation fiscale bien utile, quel place la Fnac peut elle se faire dans un marché très concurrentiel.

Sur le papier, les offres à 2, 7 ou 9,99 € semblent attrayantes, mais comme le rappel si bien son PDG Alexandre Bompard, la Fnac reste un vendeur de disque et n’a pas su muer dans la musique numérique alors qu’elle avait une position dominante sur le marché français.

Il faut tout de même rappeler qu’une grande partie de la population et notamment les plus jeunes ne daignent absolument plus dépenser le moindre centime pour acquérir de la musique. Pour eux, consommer de la musique rime avec gratuité et les faire s’enregistrer et payer ne serait-ce que 2 € par mois semble très difficile alors qu’ils dépensent beaucoup plus en cigarettes, produits technologiques ou sorties. La musique enregistrée reste la variable d’ajustement dans les loisirs dans les loisirs et au sein du budget d’une grande partie de la population, principale cible de la filière. Toutes les prédictions du marché du streaming semblent prometteuses et juteuses, voilà pourquoi ce marché attire des acteurs qui se lancent comme la Fnac mais qui envisagent aussi de le faire comme le groupe TF1, mais comme pour la téléphonie mobile ou l’internet, ce type d’offres lancées par pur opportunisme ne dure en général que très peu de temps. Les acteurs en présence que ce soit Deezer, Spotify, Qobuz, Google, Amazon ou même Apple avec sa radio ont déjà du mal à recruter de nouveaux utilisateurs pour être un jour rentables, comment de nouveaux acteurs qui viennent de se lancer pourront être crédibles aux yeux des consommateurs sans dépenser de gros montants en communication et faire des efforts sur le prix des abonnements ? La Fnac ou Virgin n’y sont pas arrivés dans le téléchargement, le streaming va-il changer la donne ? Vraiment pas sur…

12 février 2014
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Que le Fauve retourne dans sa cage

07-Fauve-Blizzard

Bien avant eux, des artistes comme Damien Saez ou Téléphone avaient crié leur impuissance face aux tumultes de la vie, de la société, comme un exutoire relayé par leurs semblables devenu leur public. Fauve s’est construit petit à petit, via internet et un excellent buzz soutenu par la sortie de leur premier EP en 2013. En ce début février sort leur album « Vieux frères », le Fauve est donc lâché et rien ne semble pouvoir lui résister mais il commence déjà à tourner en rond !

Comment un groupe, « une corporation » de non musiciens sont donc arrivés à remplir 20 dates au Bataclan sans promo mais en bénéficiant d’un bouche à oreille très efficace, cultivant en parallèle une grande discrétion jusqu’au jour J de la sortie de l’album « Vieux frères » où la fusée prend son envol et écrase tout sur son passage. Même Stromae doit abandonner sa couronne gagnée depuis l’été 2013 avec panache .

Pourquoi donc un telle vague Fauve en ce début d’année ?

Retour sur leur premier EP, « Blizzard » : Sincèrement, on sent tout de suite que le groupe est bien plus inspiré par le milieu du Rap que Rock, c’est certain, mais sur ce premier EP, il faut bien reconnaître qu’il y a des chansons touchantes, bien faîtes, avec des mélodies et refrains qui vont droit au but. Des titres comme « Blizzard » ou « Haut les cœurs » auraient tout à fait pu passer en radios même s’il y a un débit de paroles plutôt stressant pour l’auditeur…

Fauve n’est pas composé de musiciens et cela se ressent. Ce qui pouvait passer pour des défauts de jeunesse pour leur EP révèle les faiblesses de leur album « Vieux frères ». Oui, les rythmiques, les cœurs et les accords de guitares sont identiques morceaux après morceaux. L’informatique dans la musique permet une économie dans les processus d’enregistrement et une grande facilité pour la construction d’une chanson, mais dans leur cas, on sent bien que la machine est au cœur de leurs chansons et c’est très lassant au final sur tout un album. Il suffit de prendre les titres « Haut les cœurs » et « Lettre à Zoé » pour découvrir leur criant manque de créativité dès le premier album ! Oui, ce groupe se copie déjà alors qu’ils en sont au premier album. Que des critiques de disques puissent parler de révélation ou d’événement pour la sortie de leur album est un peu étonnant, surement pour s’excuser de prendre le train en marche.  Il faut reconnaitre que leur album n’est pas à la hauteur, on se sent mal à l’aise à l’écoute, l’ambiance est lourde, et le tout est beaucoup moins mélodieux que sur leur EP. Un 6 titres a au moins la qualité d’aller à l’essentiel quand leur album de 11 titres tourne complètement en rond toujours autour de la même base de rythmiques, chœurs et accords de guitares.

A trop vouloir être indépendant et tout vouloir faire soi même et ne pas vouloir être signé, le groupe va peut être se saborder de lui-même tellement il est déjà une copie de ce qu’il fait. Alors oui cela se vend très bien, cela fait baver les maisons de disques car leur album va très bien continuer à se vendre et leurs concerts vont être bien pleins, car le public est là, le groupe bénéficie de cette aura qui fait qu’une fois que la bête est lâchée, il faut un certain temps pour qu’elle se calme. Il y a une alchimie entre le public et ce groupe et personne ne peut le nier. C’est en tout cas bien révélateur de la psychologie du public actuel, qui fonce sur des artistes pendant plusieurs mois pour les abandonner petit à petit. Pour Fauve, il faut reconnaître que le travail en amont a été important. Le groupe a près de 300 000 fans sur Facebook et distille intelligemment sur Twitter, Youtube et Instagram et le site fauvecorp.com permet de diffuser musique, vidéos, infos et produits dérivés avec une grande efficacité.

Que Fauve profite de son succès, je trouve que musicalement ce n’est pas justifié, surtout depuis la sortie de leur album, pour moi ils auraient du s’arrêter à leur EP, ils ont du travailler pour arriver là où ils sont, qu’ils en profitent donc aujourd’hui.

5 février 2014
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Les chiffres du marché de la musique enregistrée de 2013 sont formidables !

Stromae

Que penser de la récente publication au Midem des données du marché du disque et de la musique enregistrée pour 2013 ? Tout le monde ou presque retient donc que la baisse semble jugulée et que le marché reprend même 2,3 %. C’est en effet une bonne nouvelle dans un secteur qui a été habitué a des baisses à deux chiffres sur de longues années. Un point bas semble en effet avoir été atteint mais si on rentre dans le détail dans cette progression, elle n’est juste la conséquence d’une forte augmentation des droits voisins (utilisation d’un titre pour sonoriser une attente téléphonique, publicité…) mais aussi de la vente de disques physique ! Oui, le physique a tiré le marché, et il reste toujours le principal contributeur à l’économie de la musique mais pas sûr que ce sera la même musique chaque année… Le secteur reste bien pris en étau avec une posture favorisant le streaming à destination du plus jeune public et un support physique qui reste la locomotive et acheté par un public plus mûr.

Le grand succès rencontré par Daft Punk ou Stromae n’est pas étranger à cette progression du disque. Comme indiqué déjà en septembre, Stromae rassemble un très large public derrière lui, son album est donc incontournable et le public se doit de l’avoir qu’il ait 12 ou 70 ans. La forte présence de ses titres en radio n’est pas étrangère également à ce succès. Seulement 10 titres francophones représentent à eux seuls 65 % des diffusions radios, un chiffre vraiment alarmant montrant l’extrême concentration des playlists alors que l’on sait que la radio reste le vecteur principal de toute découverte.

L’un des faits les plus marquants de ces chiffres de 2013 reste le tassement des téléchargements de titres et albums numériques au profit du streaming. Les maisons de disques sont donc une nouvelle fois confrontées à une évolution qu’elles subissent. Il y a 7 ans, c’était les sonneries qui donnaient de l’espoir aux maisons de disques, on voit aujourd’hui où cette consommation est tombée… Le marché est donc encore en train de bouger et les utilisateurs restent volages comme un essaim d’abeilles un peu désorienté. Si le streaming commence à se développer sérieusement, on comprend mieux pourquoi TF1 ou la Fnac réfléchissent à se lancer et qu’à Cupertino, le siège d’Apple, on doit sérieusement suivre la baisse du nombre de titres téléchargés via iTunes.

Pour le streaming, les dirigeants des majors ont grand espoir de voir de nombreux utilisateurs payer une dizaine d’euros par mois pour un abonnement illimité et ce sans ne rien posséder. On avance même 20 % de la population qui ferait revenir le chiffre d’affaire à un niveau d’avant crise. Comme si la musique se transformait en besoin vital ou indispensable comme peuvent l’être l’eau, l’électricité voir même la téléphonie mobile… Malheureusement, cela ne se passera pas comme ça car tant que le public pourra télécharger illégalement ou convertir des vidéos sur youtube en MP3 ou MP4… il rechignera à passer à la caisse. Et les achats de musique se font bien souvent par le même public, des personnes qui achetaient 2 ou 3 CD par mois, qui téléchargent légalement désormais puis qui se sont abonnés petit à petit au streaming.

Pour ce qui est du jeune public, on sait bien que ce n’est pas la même histoire, il reste majoritairement des consommateurs gratuits de musique comme c’est le cas dans la presse. Les faire payer 120 € par an pour un abonnement de musique ne sera pas une mince affaire. Mais dans l’esprit de certains dirigeants, c’est bien cela le but, faire payer sur du long terme pour amortir ensuite les investissements sur une échéance longue, là encore, pas sur que les artistes soient de cet avis et fassent une sorte de vente en leasing de leurs œuvres qui seront amorties sur des décennies.

 

27 janvier 2014
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Welcome back Kyo !

KYO

J’ai un attachement particulier pour le groupe Kyo. J’ai en effet pu assister à certaines étapes de leur carrière dont leurs premiers pas sur scène devant un large public, en première partie de David Hallyday à l’époque. Le premier album sortit en 2000 démontrait déjà la capacité du groupe à faire des chansons aux mélodies bien ciselées comme avec « C’est ma faute » ou « Regardez-moi ». Leur retour annoncé vendredi 24 janvier clos une parenthèse d’une dizaine d’années, mais depuis leurs débuts et leur succès, beaucoup de choses ont bien changé mais ils prouveront avec ce retour l’attachement de leur public.

Car si le groupe à trouvé réellement le succès avec l’album « Le Chemin » et ses 4 singles en 2003, il s’est formé dans les Yvelines en 1994 et a eu le temps de travailler sur ses chansons et de rencontrer les bonnes personnes pour mettre toutes les chances de son côté. Que ce soit du côté des musiciens additionnels ou réalisateurs de leurs disques, ils ont toujours fait le choix de s’entourer de personnes capables de les faire avancer en toute intelligence.

Mais le principal atout du groupe, c’est qu’il parle à une génération pleine de doutes dans ses relations à l’amour, à la vie… tout ça illustré en chansons pop/rock dont les mélodies touchent en premier lieu et sont d’une efficacité redoutable. Ils ont marqué avec leurs chansons toute une partie de la première dizaine d’année de ce siècle.

Au sein du groupe, chacun se partage bien les rôles, les compositions restent majoritairement faites par Benoit aidé parfois par Florian. Nicolas lui aime beaucoup travailler sur les préproductions et sur les programmations. Fabien lui tient un rôle également principal pour le son de Kyo, son énergie et ses rythmiques.

Le groupe nous avait laissé avec un Best of plus ou moins bien lancé par la maison de disque à l’hiver 2007 et un titre « Comme des frères » qui laisser entrevoir le lien des 4 membres du groupe malgré certaines tensions liées plus à l’environnement extérieur qu’à eux mêmes.

Après avoir enchaîné les albums et surtout les dates de concerts en une période très courte de 3 ans, il était bon de faire une pause, elle a été plus longue que l’on pouvait le penser pour le groupe, mais chacun a vogué à ses projets familiaux ou perso.

Benoit et Florian ont tous les 2 participé à l’aventure Empyr. Groupe de rock bien hargneux avec un son qui en ferait rougir un paquet. Oui, même si peu de gens ont entendu parler du groupe Empyr, croyez moi, le premier album « The peaceful Riot » paru en 2008 regorgeait de titres superbement produits avec des mélodies comme Benoît sait les travailler. Pour moi, cela a été un des albums que j’ai le plus écouté en 2008. J’invite vraiment tout le monde à découvrir cet album et s’arrêter sur des titres comme « Tonight », « Forbidden song » ou « My empress » vous comprendrez pourquoi Kyo peut aujourd’hui revenir d’une façon décontractée car chacun des membres n’a plus trop à prouver qu’ils savent écrire et composer et faire même du rock ! Car même si encore aujourd’hui on les traite encore de Boy’s Band, la relation avec leur public est bien plus forte et à voir les premiers avis sur twitter ou iTunes, il y a un réel attachement et une bienveillance à leur égard.

Kyo equilibre

Depuis l’été dernier, on commençait à en savoir plus sur leur retour, Mark Plati (réalisateur d’albums pour The Cure, Bowie, Nathalie Imbruglia, Rita Mitsouko, Bashung…) serait de la partie pour la réalisation de l’album. A écouter le premier extrait « Le graal », le groupe a voulu un titre entrainant qu’il est difficile de ranger dans une catégorie. A coups de claviers, riffs de guitares et rythmiques qui sonnent très années 80 on pense tout de suite à Niagara ou Gainsbourg et tout cela est énergique, très bien produit et le titre est une très bonne surprise. C’est donc un très bon choix pour un retour marqué par la publication d’un second titre « L’équilibre », également nom de l’album qui sortira le 24 mars. Le titre « L’équilibre » disponible également en téléchargement et en streaming est dans la veine des anciens titres comme « Dernière danse » ou « Je saigne encore ».

Depuis leur pause, le monde de la musique a bien changé et je pense que Sony s’est donné les moyens de réussir leur retour comme ils avaient su le faire pour Daft Punk. Il faut dire qu’ils représentent une catégorie d’artistes de plus en plus rare : Ceux à pouvoir placer 3 ou 4 hits en radios par albums. Ceci entraîne inévitablement un lien avec le public irremplaçable.

Voilà pourquoi l’album ne sera disponible que dans deux mois, ceci afin de laisser au titre « Le Graal » le temps de s’imposer et de bien faire passer le message. Kyo est bien décidé à reprendre sa place durement gagnée au début de ce nouveau siècle.

 

 

 

 

 

12 janvier 2014
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Les dessous du streaming

page accueil Spotify

Depuis son apparition, le streaming musical n’a cessé de gagner du terrain. Les dernières modifications de l’offre de Spotify modifiant son offre gratuite qui devient sans limite et sur tous les supports ne vont qu’accentuer ce phénomène. Déjà, quelques signes montrent un basculement du marché vers ce mode de consommation. Il représentait 7 % du marché mondial de la musique enregistrée en 2012.

Aux Etats-Unis, en 2013, ce sont 118 milliards d’écoutes en streaming qui ont été faites. Cela représente près de 60 millions d’albums vendus. Cela explique aussi  pourquoi le téléchargement d’albums a baissé l’année dernière en Amérique. Le changement de modèle se poursuit donc encore depuis l’apparition du MP3 au début des années 2000.

Mais il faut bien prendre conscience du changement que cela représente, notamment pour les revenus des artistes. Voici quelques exemples de revenus simulés de différents artistes selon les informations transmises par Spotify et en prenant compte des différents ayants droits.

Pour un artiste, la lecture d’un titre représenterait donc 0,06 à 0,08 centimes d’€. Cela se traduirait pour Stromae à ce jour pour son dernier album Racine Carrée, qui totalise pour le moment 37 millions d’écoutes,  entre 20 et 30 000 €. Cette somme est la part pour l’artiste une fois que les autres ayants droits dont la maison de disques se soient payés. Pour David Guetta, qui totalise environ 300 millions de lectures sur Spotify, cela représente une enveloppe de 180-250 000 € pour le célèbre DJ.

Noir Désir, totalise environ 6 millions d’écoutes, soit entre 3500 et 4500 € à se partager pour les membres du groupe bordelais.

Le streaming représente bien un changement de paradigme dans la rémunération des artistes. Plus encore qu’auparavant, l’artiste qui maîtrisera le plus possible son œuvre via la licence par exemple en retirera une meilleure maîtrise et un partage de la valeur bien plus important.

Les artistes sont en train de se rendre compte que pour vivre du streaming, il faut vraiment avoir un succès phénoménal. Un artiste qui vendait 20 ou 30 000 albums pouvait vivre de sa musique sans problème et il avait un réel retour assez rapide sur son succès ou non. Désormais, c’est devenu beaucoup plus dur, vendre plus de 10 000 exemplaires pour un grand nombre d’artistes est une marche inatteignable et ce ne sont pas quelques dizaines de milliers d’écoutes en streaming qui compenseront cette perte. L’économie de la musique reposait sur un achat immédiat. On passait à la caisse directement, les 15 ou 20 € que coûtent un album nouveautés rentraient immédiatement que l’album soit écouté 2 fois ou mille fois ! Avec le streaming, l’amortissement ne se fait pas sur 12/18 mois comme sur un album physique mais à l’infini. Il n’y a plus de limitation dans le temps pour un titre qui pourra être écouté en streaming et qui rapportera tant qu’il peut être lu et écouté sur les plateformes. Mais la rémunération est de surcroît très opaque, même si Spotify a tenté une opération transparence en décembre 2013, pas sûr que cela change grand-chose… Pour un artiste, c’est en effet un sacré changement et ceux qui commencent tout juste une carrière peuvent oublier les anciens usages de cette économie. Du côté des maisons de disques, la course au gigantisme est donc la priorité. Face aux plateformes, il est primordial d’avoir le plus gros catalogue possible afin d’être en mesure de négocier au mieux et d’avoir des revenus qui sont de plus en plus atomisés.

Les gros revenus du streaming se feront donc sur les quelques premiers qui arriveront à être écoutés des millions de fois. Mais avant cela, car le premier relai du streaming qu’il soit audio ou vidéo, cela reste la radio, donc il sera nécessaire d’être aussi en radio et en télévision pour se faire repérer par l’utilisateur du streaming. Pas sur donc que pour des petits artistes français qui arrivaient à s’en sortir avec le disque même en étant pas présent de façon massive en radios, qu’ils puissent réellement vivre de leur musique. Lire la suite →

Ce que révèle le coup de Beyoncé

16 décembre 2013 par admin | 0 Commentaires

 

Visuel iTunes Beyoncé

Près de 600 00 ventes en 2 jours seulement en digital aux Etats-Unis sur iTunes alors que les albums sortent en début de semaine aux Etats-Unis, l’équipe de Beyoncé a décidé de faire un gros coup pour marquer les esprits et pas question d’écoute gratuite une semaine avant la sortie sur iTunes, cette fois ci, pour écouter l’album faut passer à la caisse directement, et pas question de ne vouloir qu’un titre, c’est tout ou rien.

En gardant le secret de la sortie, en ne diffusant l’album qu’en digital sur iTunes dans un premier temps, Beyoncé va totalement à l’encontre des pratiques habituelles dans l’industrie du disque et de la musique. Pas de single en amont, ni de promo mais surtout, il est impossible pendant la première semaine de se procurer l’un des 14 titres de l’album. C’est tout ou rien jusqu’au 20 décembre. Il faut donc acheter l’ensemble de l’album ainsi que les 18 clips déjà produits.

L’origine de ce  choix de Beyoncé reposerait dans une certaine désillusion face à son label et à l’industrie du disque. N’ayant plus aucun espoir d’arriver à vendre « correctement » son album, l’artiste, selon le Huffington Post, se déclarant même complètement désemparée

Radiohead avait déjà à l’époque fait surprise en mettant en ligne un album que chacun pouvait se procurer pour le montant qu’il voulait et ce, directement sur le site du groupe. Cette fois ci, Beyoncé toujours en contrat avec Columbia, un label Sony Music, met sont album en téléchargement unique sur iTunes mais la plateforme d’Apple le lui rend bien en lui assurant une visibilité maximale contre certainement une part sur les ventes bien plus importante qu’à la normale.

Le but de ce « coup » est tout d’abord de marquer les esprits et de faire parler afin d’attirer le consommateur mais surtout les fans vers un seul canal de distribution et de maximiser les ventes sur la première semaine. Comme je l’indique déjà à plusieurs reprises sur ce blog, l’industrie du disque se transforme de plus en plus comme l’industrie du cinéma ou tout se joue dans la première semaine. Aux Etats-Unis, un film fait une grande partie de ses entrées lors du premier week-end d’exploitation et s’il rencontre le succès, son exploitation pourra ensuite s’étaler sur plusieurs semaines. C’est tout le contraire d’une stratégie d’album, qui à la différence du film, dispose de plusieurs cartouches, et lorsque l’on croît au potentiel de l’album dans son intégralité, on sait que sur la durée, avec de nombreux singles, il trouvera son public. Il me semble que modestement, c’est comme cela que cela fonctionnait…

Là, Beyoncé, a juste voulu enfoncer le clou encore plus profondément, reflétant un réel désemparement des artistes condamnés albums après albums à voir leurs ventes et leurs revenus issus de leurs albums se rétrécir sérieusement.   Elle ne fait qu’amplifier un phénomène déjà bien en place, mais même si elle en récolte aujourd’hui les lauriers, c’est aussi un jeu extrêmement dangereux.

Car le but est bien là, vendre le plus possible la première semaine car on sait bien ensuite qu’il faut beaucoup d’énergie, de marketing et surtout un bon album bien produit recelant de nombreux hits pour qu’il continue de bien se vendre. Et c’est bien là le problème, si l’industrie du disque commence à jouer ce jeu là c’est bien qu’il semble y avoir un problème de ce côté-là. On comprend mieux pourquoi le label Interscope, le label de Lady Gaga, s’inquiétait de la faible première semaine de commercialisation de l’album Artpop et commençait à vouloir tailler dans ses coûts alors qu’il avait dépensé 25 millions de dollars pour son lancement.

Première semaine disques USA

En 10 ans, une chute de 70 % des ventes de Beyoncé

Même des artistes comme Beyoncé connaissent depuis le début de la crise du disque une sérieuse baisse de leurs ventes. Par rapport à son premier album « Dangerously in love » écoulé à près de 5 millions d’exemplaires aux USA, le précédant «4 » paru en 2011, lui ne s’était écoulé qu’à 1,4 millions. Une baisse de 70 % en une décennie… plus que la moyenne du top 10 américain. Lire la suite →

19 septembre 2013
par admin
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Le retournement de tendance du marché de la musique enregistrée en France, est-il une si bonne nouvelle ?

Stromae-Daft-Punk

© ABACA

Loin de moi l’idée de ne pas me réjouir d’un retournement du marché du disque en France alors que depuis plus de 10 ans la filière à perdu 70 % de son chiffre d’affaire.

La hausse de 6,1 % reste tout de même précaire et principalement due au succès de quelques albums qui se sont bien vendus comme les Enfoirès, Génération Goldman et le dernier Daft Punk. Dans le numérique, on assiste à une sensible baisse de l’acte d’achat par titres au profit d’un téléchargement d’albums complets. La part de marché du numérique en France se maintient à 30 % sans vraiment marquer un véritablement transfert.

Même si l’achat d’albums en téléchargements et l’abonnement en streaming montrent des signes de bonne forme, au total, le marché numérique ne décolle pas suffisamment pour compenser et remplacer dans le futur le disque physique. Car au rythme des nouvelles (Disparition de Virgin Megastores, suppressions de postes à la Fnac…) oui, le disque physique ne fera bientôt plus partie de notre quotidien car nous n’en trouveront simplement plus à portée de mains et que pour une grande partie du public, le plus jeune (oui oui, les digital native, toujours eux), le support à disparu dans les usages mais aussi dans un grand nombre de points de ventes.

Cette hausse au premier semestre révèle surtout une grande concentration, une faible exposition des œuvres enregistrées et au final un petit nombre d’élus.Désormais, comme pour le cinéma, les sorties d’albums doivent faire leurs preuves très rapidement sous peine de disparaître aussi vite. Parfois, en quinze jours ou trois semaines l’avenir d’un album est scellé. Si le public n’a pas connaissance de la sortie par la radio, la presse ou la télévision, l’album est condamné. Ce n’est malheureusement pas via les sites de streaming qu’il aura cette information. Il n’y a pas encore une bonne publicité et exposition des sorties sur ce type de sites.

Un nombre d’élus toujours plus restreint

Depuis ce début 2013, si l’on analyse les sorties, il n’y a pas eu grand-chose à ce mettre entre les oreilles et le succès du dernier Daft Punk traduit simplement le manque de diversité que ce soit en sorties internationales que nationales… Le très bon marketing avant et autour de la sortie de l’album ont fait que cet album été le parfait élu pour être un incontournable de l’année que chaque frange de la population se doit d’avoir. Que le succès d’un seul album comme celui de Daft Punk puisse modifier les chiffres de ventes et le chiffre d’affaire de la filière de la musique enregistrée est bien un signe de grande vulnérabilité. Cela prouve d’une part que le disque physique n’a pas rendu encore l’âme car la progression du chiffre d’affaire en valeur est à lui imputer en particulier et d’autre part, qu’il y a une véritable concentration dans l’exposition et les sorties de disques. Pour qu’un album soit un véritable succès, il faut que ce succès se fasse sur plusieurs mois avec de nombreux singles en exploitation comme cela a été le cas pour Adèle par exemple. Combien d’artistes peuvent se targuer d’enchaîner hits sur hits afin d’avoir un album qui devienne incontournable comme cela a été le cas pour Mika pour son premier album mais qui depuis n’arrive plus à trouver ce même succès ? Ils seront peu cette année à pouvoir enchaîner les hits en radios et à la télévision comme David Guetta. Avicii en a en tout cas le potentiel, son premier album regorge de titres, il fait le job.

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21 mai 2013
par admin
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Quel avenir pour Sony ?

sony-building

La firme nippone vient récemment de publier ses premiers bénéfices depuis plus de 4 ans. Mais, à y regarder de près, ce résultat positif tient plus à la dévaluation du Yen entreprise par la banque centrale japonaise qui déverse de la monnaie et rachète des dettes étrangères dont celle de la France,  qu’à l’activité de la célèbre marque et à son offre de produits.

Car Sony a toujours un problème. Et lorsque l’on regarde leur dernière publicité pour le mobile Xperia Z, il faut bien reconnaître que le positionnement décidé par la marque est extrêmement risqué. Jouer sur la nostalgie et montrer ce qui a fait le succès de Sony ces dernières décennies est très osé pour une société dont la principale activité est dans le High Tech. Communiquer sur le passé, même s’il est glorieux, est un choix assumé par Sony pour le lancement de ce portable. A savoir si le jeune public qui ne connait de Sony que la PlayStation sera touché par ce film publicitaire qui même s’il est bien réalisé et mis en musique, le tout avec de belles lumières et couleurs, reste un film tourné vers le passé plus proche de la nécrologie de marque qu’un argumentaire vantant la vision futuriste d’une société qui comprend les changements à long terme.

Ce qui est cruel dans ce film, si l’on y réfléchit bien, c’est que oui, Sony a fait partie du quotidien de beaucoup d’habitants de cette planète mais cette époque est révolue. Il est loin le temps ou les consommateurs étaient entourés de platines CD Sony, de Walkman, de MiniDisc ou de téléviseurs.

La marque s’est complètement trompée dans les nouveaux produits nomades. Le MiniDisc n’a jamais réellement percé et le fait d’avoir louper le train des lecteurs MP3 reste la plus grosse bourde des équipes de Sony. Alors que la marque avait le contenu à disposition avec Sony Music, elle n’a rien fait pour réagir à l’iPod et tenter de contre-attaquer Apple. Cette passivité et cette difficulté à sortir du cadre traditionnel se retrouve encore dans la téléphonie aujourd’hui. Les téléphones Sony Mobile hérités de la coentreprise avec Ericsson sont plutôt de bons produits mais cela ne suffit pas pour tenter de faire de l’ombre à Apple ou Samsung

Dans la télévision, la part de marché de Sony s’est sérieusement réduite. Il suffit d’aller constater dans ce rayon quelles marques sont les plus présentes pour comprendre que Sony ou Philips qui étaient leader se sont faites sortir par LG ou Samsung. Sony a d’ailleurs fait le choix de sortir de ce marché comme l’a déjà fait Philips auparavant car face aux producteurs coréens de dalles, la marque japonaise n’était pas la mieux armée…

A l’instar du hollandais Philips, Sony souhaite se tourner vers un marché porteur, celui de la santé. Avec Olympus, le japonais veut proposer des produits innovants sur le marché des endoscopes. 500 millions d’euros ont d’ailleurs été investis pour prendre une partie du capital du compatriote Olympus et la création d’une coentreprise. Mais Sony se frotte à des géants de la santé déjà bien installés comme Philips ou GE et un nouvel arrivant en provenance de Corée… Samsung.

L’avenir nous dira si cette diversification vers la santé portera ses fruits mais déjà, on peut dire que Sony à presque loupé le coche des bracelets « santé » qui contrôlent votre activité physique ou votre consommation alimentaire et votre sommeil comme les produits de Nike, Jawbone ou Fitbit peuvent en proposer. Il semble que Sony ne sera pas présent sur le marché des montres, est-ce que le japonais a dans ses tuyaux un produit qui pourra concurrences les Google Glasses ?

Je reste donc très circonspect sur le futur de la marque Sony. Par quoi viendra la relance et le sursaut ? Quel produit dans le pipe fera que la société assurera sa survie pour les années à venir ? Pour l’instant il y a encore des doutes à avoir sur la stratégie des années à venir et il est certain que la concurrence chinoise et coréenne sera sans répit.