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Médias, Musique, Cinéma : Chronique d’un monde digital

Alexandre Bompard : « comment pouvons-nous continuer à assurer une place aussi importante au disque dans nos magasins ? »

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Peut être qu’Alexandre Bompard a lu mon dernier post, mais sa tribune récente dans Les Echos, juste en amont du prochain Midem, vient appuyer le sentiment que la Fnac ne va pas bien et qu’elle s’apprête à annoncer de profonds changements dans les prochains jours. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le disque.

En réclamant une baisse et un alignement de la TVA du disque vers celle du livre, Alexandre Bompard ne fait que rendre officiel le fait que les rayons de disques sont déserts et que chaque acteur, dans la distribution spécialisée type Fnac ou Virgin Megastore ou la grande distribution, n’a depuis près de 10 ans, rien pu faire face à cet effondrement . Nous faisons le même constat depuis longtemps lorsque l’ancien PDG d’Europe 1 indique que  « la révolution numérique de la musique emporte également deux conséquences majeures : l’offre s’appauvrit et s’homogénéise avec un déclin des nouvelles références et une concentration croissante sur les best-sellers ; le téléchargement illégal et les offres dites gratuites font tendre la valeur économique de la musique vers zéro, ce que les économistes appellent un « bien public pur », mettant l’intégralité de la filière sous tension »

Il martèle également une donnée que beaucoup semblent oublier lorsqu’ils avancent la forte progression du numérique : « 75% des revenus de la musique continuent à être assurés par les ventes de musique physiques. C’est donc sur le disque que repose encore l’équilibre économique de la filière ».

Alexandre Bompard devient plus sombre lorsqu’il parle de «Tower Records aux Etats-Unis ou encore Zavvi en Grande Bretagne qui ont tout simplement fait faillite. En France, les grandes surfaces se retirent du secteur et nombre de disquaires indépendants ont disparu. Seuls quelques distributeurs, tels que la FNAC, essayent de maintenir leur rôle ».
Pour le PDG de la Fnac, avoir un rayon de disques dans ses enseignes tient plus de la philanthropie désormais que d’un réel intérêt économique. « Premier disquaire de France, la Fnac propose plus de 200 000 références dont le tiers environ ne sera jamais vendu dans l’année. C’est à ce prix que nous maintenons le catalogue le plus large, le plus diversifié et que nous assurons la promotion de nouveaux talents. Cette mission a un coût, devenu insoutenable. En 2011, nous avons vendu 16 millions d’albums, soit 6 millions de moins qu’il y a 5 ans et une perte de chiffres d’affaires de plus de 100 millions d’euros. Rien qu’en 2011, notre activité musique présente ainsi un déficit de 20 millions d’euros. Face à de telles difficultés comment pouvons-nous continuer à assurer une place aussi importante au disque dans nos magasins ? »

Clairement, il indique dans ces mots que comme pour d’autres enseignes telles que Virgin Megastore ou la grande distribution, les rayons vont encore se réduire allant à la Fnac jusqu’à devenir invisibles.

Pour conclure,  il lance un réel avertissement,  « l’avenir de la musique sera certes numérique mais tous les acteurs de la filière doivent pouvoir s’y préparer et réussir leur transition. La disparition brutale des disques chez les distributeurs spécialisés, dernier point de rencontre entre une œuvre et son public, anéantirait toute chance de mutation d’une industrie aux ressources inestimables ».

Auteur : admin

Usages, consommation, modèles économiques : Ce que change et implique le passage à un monde dématérialisé Ex Universal, France TV, Les Echos Passionné d'actu, de musique, cinéma, économie, nouvelles technologies...