DIGICULT

Médias, Musique, Cinéma : Chronique d’un monde digital

Clap de fin pour les laboratoires LTC dans l’industrie cinématographique

Dernière tentative pour les salariés des laboratoires LTC et dernier coup d’honneur.

Les 115 employés de ce de laboratoire de  post-production, qui gère des milliers de films depuis sa création en 1935, se sont mis en grève,  ce qui empêcha la livraison de copies du dernier film de Martin Scorcese, Hugo Cabret.

La société, filiale de Quinta Distribution dont l’actionnaire majoritaire est l’homme d’affaires et producteur Tarak Ben Ammar, souffre sévèrement du passage au numérique et a été mise en redressement judiciaire le 3 novembre.

Une fois de plus, c’est le manque d’anticipation et de vision dans la mutation des industries des contenus qui entraîne la disparition de tout un pan de l’industrie cinématographique.

Croyant pouvoir bloquer la sortie du film produit par Metropolitan Export, les salariés ont bloqué la reproduction numérique et la distribution à destination des 695 salles sauf que ce qui était une contrainte et un danger il y peu encore lorsqu’il n’y avait que des copies physiques devient un simple grain de sable avec l’arrivée du digital et le déploiement à marche forcée ces deux dernières années des projecteurs numériques.

Réagissant selon les anciens modèles, les salariés du labo LTC pensaient faire pression sur la Metropolitan sauf que les fichiers masters restaient en sa possession et à pu rapidement trouver une solution de secours en passant par d’autres pays européens.

Le passage au tout numérique d’une grande partie des exploitants de cinémas a donc changé en profondeur tout un métier, celui de laboratoire de reproduction et tout le circuit de distribution. Il est fort probable également que les exploitants qui resteront à la copie pellicule seront de plus en plus marginalisés de la part des distributeurs.

Le passage au digital entraîne des réductions de coûts très importantes et une facilité d’exécution qui permet à un film de se retrouver à 1 h d’intervalle en utilisant le même fichier source alors qu’auparavant, il fallait commander une nouvelle copie pour faire face à une demande conséquente face au succès d’un film. Tout cela est simplifié pour l’exploitant et le distributeur, c’est pourquoi, un exploitant tel qu’UGC qui comptait installer des projecteurs numériques à un rythme assez lent a changé complètement d’attitude pour équiper l’ensemble de ses salles bien plus rapidement que prévu à l’origine sachant qu’en plus, les exploitants bénéficient d’aides à la numérisation des salles, aides qui ne sont pas arrivées jusqu’aux laboratoires, principales victimes collatérales de cette transformation.

Auteur : admin

Usages, consommation, modèles économiques : Ce que change et implique le passage à un monde dématérialisé Ex Universal, France TV, Les Echos Passionné d'actu, de musique, cinéma, économie, nouvelles technologies...

Comments Closed

Commentaires Clos.