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Ghost Stories : Coldplay cherche à se faire peur

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GhostStoriesbyColdplay

Je n’ai pas voulu écrire cette chronique tout de suite après la sortie de l’album Ghost Stories. Pour moi tout n’est pas à jeter dans cet album mais le groupe se met en danger et tend le bâton pour se faire battre.

Cet album a été annoncé comme l’album du retour aux sources post rupture de Chris Martin avec Gywneth Paltrow. Déjà comme argument, on peut trouver mieux… Ceux qui ont parlé de retour aux sources n’ont pas du beaucoup écouter Parachutes. Moi à cette époque, je passais déjà le groupe dans mon émission de radio et je me souviens très bien de mes premières écoutes de Coldplay à leurs débuts, c’était tout de même un peu plus musclé.

Reste ensuite à décortiquer Ghost Stories avec la bienveillance qu’on doit à un groupe comme Coldplay. Donc ce ne sera pas qu’un procès à charge mais après l’excellent Mylo Xyloto et la tournée qui s’en est suivie, Coldplay ne pouvait pas flancher et avec Ghost Stories, le groupe joue les enfants gâtés qui revient avec un mot sur le carnet.

La batterie de Will Champion au placard

On comprend mieux pourquoi le batteur de Coldplay peut aller faire des apparitions dans Games of Thrones. Ce n’est en tout cas pas sa prestation sur l’album Ghost Stories qui a du lui prendre beaucoup de temps. A vrai dire, il n’y a pas de batterie. Que des séquences, du digital, des rythmiques synthétiques et d’ailleurs pour le titre Magic, le groupe ne savait pas trop comment le jouer sur scène car il n’y avait que du digital à la base. On comprend mieux en effet pourquoi à l’écoute de l’album. Une raison à cette mise au rebus de la batterie de Will Champion : l’album a été enregistré chez Guy Berryman, le bassiste du groupe, et il ne dispose pas d’un grand salon… Donc la batterie ne pouvait être de la partie.

Voilà pourquoi des titres comme Always in my head, Magic, Ink ou Another’s arms semblent avoir les mêmes rythmiques que celles utilisées par Jean-Jacques Goldman il y a près de 20 ans dans Sache que je, Nuit ou Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion…

Beaucoup de personnes décrivent cet album Ghost Stories comme un album expérimental, planant, mais il faut reconnaître une chose, on reconnait bien le groupe de part la voix de Chris Martin mais aussi les claviers ou les guitares sonnent bien Coldplay. Les titres sont assez mous dans l’ensemble mais certains ont une base mélodique bien présente . Voilà pourquoi l’embardée de Coldplay ne peut être comparée à aux albums Kid A de Radiohead ou Congratulations de MGMT qui étaient des tournants importants pour ces groupes.

Avicii, Timbaland et Madeon en renfort

La question concernant Coldplay est pourquoi avoir fait appel à des producteurs extérieurs comme Avicii pour A sky full of stars, Timbaland pour True love et le jeune français Madeon pour Always in my head et O qui nous ressort d’ailleurs les bons vieux craquements de vinyles, je pensais personnellement que plus personne n’utiliserait cela sur des chansons, et bien non. Sincèrement, les titres d’Avicii et Timbaland n’apportent pas grand-chose et surtout pour True love produit par Timbaland, ça sent le réchauffé. La mayonnaise prend bien quand c’est avec One Republic pour Apologise ou Katy Perry avec If we ever meet again. Là on se demande vraiment comment Coldplay a pu se laisser embarquer sur un tel son et pour ce résultat final. A 3 minutes de True Love, le solo de guitares est même déstabilisant tellement il y a des fausses notes.

C’est donc un album sans vraiment colonne vertébrale à part ces nappes de claviers et ces cœurs que l’on retrouve tout au long de l’album comme on avait pu déjà en avoir sur Viva la vida. A la fin du titre Oceans on croit même retrouver Pink-Floyd avec les cloches dans l’intro de High hopes. Il y a clairement un coté psychédélique dans cet album Ghost Stories du début à la fin avec cette envie d’ouvrir et de commencer l’album avec ces voix d’anges ou de fantômes comme une parenthèse. Je ne pense pas que cet album fera beaucoup parler. Le public et les gens en général sont assez bienveillants avec Coldplay. Ghost Stories est à écouter un jour d’hiver ou pluvieux, tout n’est pas à jeter mais il restera moins dans les esprits que les précédents. Reste qu’on préfère Coldplay sur des titres qui amènent à la communion avec le public comme White shadows, Viva la vida ou Paradise et il faut aussi souligner que les trois précédents albums (X&Y, Viva la vida or death and all his friends et Mylo Xyloto) ont été des succès phénoménaux avec des albums remplis de chansons que le public connaît par cœur.

Coldplay s’est offert le luxe cette fois ci de se mettre en danger avec un album moins cohérent, où le groupe s’est beaucoup reposé sur les autres et a surement moins bossé. La tournée accompagnant Ghost Stories est d’ailleurs minuscule par rapport aux deux précédentes et se terminera en juillet prochain après plusieurs dates en amont de la sortie pour la promo. La tournée Mylo Xyloto s’était étalée sur près de 18 mois entre 2011 et 2012.

Le groupe va donc s’offrir un petit break et ne voulait pas laisser ses fans sans un album entre les oreilles. Que Chris Martin se repose et soigne ses peines de cœur. Le groupe a besoin de lui à 100 %.

Auteur : admin

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