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Peut-on dire du mal du dernier Daft Punk ?

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Le déferlement massif de teasers et de communication en amont de la sortie du dernier album de Daft Punk « Random Access Memories » fait qu’il est assez difficile d’aller contre le vent et d’émettre quelques critiques ou avis négatif de ce nouvel album sans passer pour un ringard ou un éternel insatisfait. Mais permettez-moi de justifier un peu ma position et expliquer pourquoi je pense que cet album ne restera pas dans les mémoires.

Je suis vraiment un auditeur de la première heure du groupe. Dès que j’avais entendu Da Funk, j’ai décidé de le mettre en radio et de défendre ce son bien avant la sortie de l’album Homework car je le trouvais vraiment original et bien dans l’époque.

Nous savons tous qu’en parcourant les chansons de Daft Punk, nous avons parfois un sentiment de déjà entendu mais cela n’était pas gênant au demeurant d’avoir parfois une certaine gêne en se disant : « hummm ça me fait terriblement penser à du Supertramp, Kool and The Gang, Chic, Gershon Kingsley, Jean-Michel Jarre ou Giorgio Moroder (le compositeur de la Bo de Midnight Express) car le groupe assume pleinement ces « influences ». Il assume si bien que sur le dernier album, le 3ème titre s’intitule Giorgio by Moroder, le compositeur faisant même un guest sur le titre.

Je suis de la même génération que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo. Nos oreilles se sont développées avec les mêmes bandes sons à la radio ou dans les films. Les albums de Daft Punk ont une utilité, ils font découvrir au jeune public ce qu’était le son des années 70. Avec le digital, il est en effet plus trop possible de se balader dans une discothèque, une pile de disques et tomber sur un album que l’on veut écouter car la pochette est sympa. Ceci est presque totalement tué avec le streaming ou les fichiers digitaux qui même s’ils permettent l’échange et le partage sont tout de même un frein à l’initiative personnelle de découverte de musique.

Pour en revenir à Daft Punk, « Random Access Memories » n’est pas le premier album que je trouve un peu décevant selon moi. « Human after all » m’avait également déstabilisé et déçu dès la première écoute. Et lorsque je n’accroche pas dès la première ou seconde écoute, je considère que l’album ne fera pas partie des albums que j’aime écouter de façon naturelle, car j’en ai envie, que les titres me plaisent ou répondent à mes émotions du moment.

Pour moi, deux titres s’illustrent dans cet album et ce sont les plus mélodieux et les moins répétitifs au niveau de la composition. Ils se trouvent dans le deuxième tiers de l’album. En effet, « Within et « Instant crush » ressortent du lot après plusieurs écoutes. « Within » pourra d’ailleurs rendre jaloux Richard Clayderman et sa mondialement célèbre « Balade pour Adeline » car l’intro du titre des Daft Punk risque de se retrouver dans un grand nombre d’attentes musicales entreprises, de musique de décollages pour compagnies aériennes, de musiques que l’on entend dans les ascendeurs des hôtels mais le titre colle surtout parfaitement à une musique de générique de fin de film qui viendrait titrer les larmes des spectateurs. Pareil pour « Instant Crush », le titre colle parfaitement également à l’univers du cinéma avec des mélodies très travaillées qui se révèlent petit à petit et de belles harmoniques dans les arrangements. Un titre fort également en émotions procurées à l’écoute.

 La BO de Tron remplissait tout à fait le contrat, j’ai toujours plaisir à écouter les nombreux titres ainsi que les remixes qui collaient parfaitement à l’univers du film et formidablement réalisés avec une très belle production et de beaux titres qui resteront.

Si je ne suis pas complètement emballé sur « Random Access Memories » c’est qu’il y a selon moi un flagrant manque d’originalité et de créativité dans les compos et les effets. Cela commence à se voir. Les effets vocaux grâce au Vocodeur, les loop, boucles… sont trop présents et arrivent vraiment à devenir lassants comme sur le titre « Lose yourself to dance ». Il faut reconnaitre que certains titres de l’album seront parfait pour la synchro d’émissions télé ou publicité voir même sonoriser des magasins mais est-ce vraiment le but recherché par le groupe ? Pas sûr…

Le duo s’est fait plaisir avec de prestigieux featuring et a dépensé beaucoup d’argent en studio mais cela peine à masquer un certain « déjà vu » sur leurs titres qui laisse l’auditeur un peu perdu et perplexe lorsqu’il écoute cet album. Même si certains prédisent des ventes records  pour sa sortie, le temps dira si le choix fait par Daft Punk est validé à long terme. Le groupe bénéficie de toute façon d’un public fidèle et bienveillant qui sera là même s’il peut y avoir des baisses de régime dans la créativité.

Auteur : admin

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