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Médias, Musique, Cinéma : Chronique d’un monde digital

12 mai 2014
par admin
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Ce que révèle le coup de Beyoncé

16 décembre 2013 par admin | 0 Commentaires

 

Visuel iTunes Beyoncé

Près de 600 00 ventes en 2 jours seulement en digital aux Etats-Unis sur iTunes alors que les albums sortent en début de semaine aux Etats-Unis, l’équipe de Beyoncé a décidé de faire un gros coup pour marquer les esprits et pas question d’écoute gratuite une semaine avant la sortie sur iTunes, cette fois ci, pour écouter l’album faut passer à la caisse directement, et pas question de ne vouloir qu’un titre, c’est tout ou rien.

En gardant le secret de la sortie, en ne diffusant l’album qu’en digital sur iTunes dans un premier temps, Beyoncé va totalement à l’encontre des pratiques habituelles dans l’industrie du disque et de la musique. Pas de single en amont, ni de promo mais surtout, il est impossible pendant la première semaine de se procurer l’un des 14 titres de l’album. C’est tout ou rien jusqu’au 20 décembre. Il faut donc acheter l’ensemble de l’album ainsi que les 18 clips déjà produits.

L’origine de ce  choix de Beyoncé reposerait dans une certaine désillusion face à son label et à l’industrie du disque. N’ayant plus aucun espoir d’arriver à vendre « correctement » son album, l’artiste, selon le Huffington Post, se déclarant même complètement désemparée

Radiohead avait déjà à l’époque fait surprise en mettant en ligne un album que chacun pouvait se procurer pour le montant qu’il voulait et ce, directement sur le site du groupe. Cette fois ci, Beyoncé toujours en contrat avec Columbia, un label Sony Music, met sont album en téléchargement unique sur iTunes mais la plateforme d’Apple le lui rend bien en lui assurant une visibilité maximale contre certainement une part sur les ventes bien plus importante qu’à la normale.

Le but de ce « coup » est tout d’abord de marquer les esprits et de faire parler afin d’attirer le consommateur mais surtout les fans vers un seul canal de distribution et de maximiser les ventes sur la première semaine. Comme je l’indique déjà à plusieurs reprises sur ce blog, l’industrie du disque se transforme de plus en plus comme l’industrie du cinéma ou tout se joue dans la première semaine. Aux Etats-Unis, un film fait une grande partie de ses entrées lors du premier week-end d’exploitation et s’il rencontre le succès, son exploitation pourra ensuite s’étaler sur plusieurs semaines. C’est tout le contraire d’une stratégie d’album, qui à la différence du film, dispose de plusieurs cartouches, et lorsque l’on croît au potentiel de l’album dans son intégralité, on sait que sur la durée, avec de nombreux singles, il trouvera son public. Il me semble que modestement, c’est comme cela que cela fonctionnait…

Là, Beyoncé, a juste voulu enfoncer le clou encore plus profondément, reflétant un réel désemparement des artistes condamnés albums après albums à voir leurs ventes et leurs revenus issus de leurs albums se rétrécir sérieusement.   Elle ne fait qu’amplifier un phénomène déjà bien en place, mais même si elle en récolte aujourd’hui les lauriers, c’est aussi un jeu extrêmement dangereux.

Car le but est bien là, vendre le plus possible la première semaine car on sait bien ensuite qu’il faut beaucoup d’énergie, de marketing et surtout un bon album bien produit recelant de nombreux hits pour qu’il continue de bien se vendre. Et c’est bien là le problème, si l’industrie du disque commence à jouer ce jeu là c’est bien qu’il semble y avoir un problème de ce côté-là. On comprend mieux pourquoi le label Interscope, le label de Lady Gaga, s’inquiétait de la faible première semaine de commercialisation de l’album Artpop et commençait à vouloir tailler dans ses coûts alors qu’il avait dépensé 25 millions de dollars pour son lancement.

Première semaine disques USA

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