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Universal Music rejoue la carte du format haute-fidélité et lance le Blu-Ray Pure Audio

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Blu ray pure audio

Une fois de plus, Universal tente la carte de la musique haute fidélité et réaffirme sa confiance dans  le format physique.

Annoncé le 14 mai, le format Blu-Ray Pure Audio est disponible au départ sur une quarantaine de références du catalogue Universal (surtout du back catalogue pour le moment) et devrait être développé ensuite sur près de 90 % du catalogue de la major soit près de 30 000 références si tout se passe bien. La France est d’ailleurs le pays test pour ce lancement et Pascal Nègre prend même l’exemple du dernier album de Mylène Farmer qui se serait vendu à 70 000 exemplaires en Blu-Ray sur les 400 000 vendus. A en croire Universal Music, tout va bien, le support va renaître de ses cendres… Sauf que la maison de la rue des Fossés Saint Jacques oublie un peu de dire que la majorité des acheteurs de cet album de Mylène Farmer ont acheté ce produit pas vraiment en connaissance de cause car il avait un packaging différent, et quand tout bon fan, il faut acheter l’ensemble des produits mis sur le marché par la chanteuse. Le pourcentage d’utilisateurs ayant acheté l’album MonKey Me en Blu-Ray pour la qualité de son qu’il procure doit être proche de 0. Cette opération pleine de bonnes intentions n’est juste qu’un énième bis repetita d’un nouveau format lancé sans réel avenir de croissance. On se souvient des quelques DCC qui trainait dans les rayons disques dans les années 90 et qui n’ont jamais trouvé preneurs. Il y a près 10 ans, les maisons de disques croyaient également dans un support révolutionnaire qui sauverait l’industrie du disque : le SACD. Mais pareil que pour le Blu-Ray Pure Audio, le SACD n’a jamais trouvé son marché même si des albums comme « Du Plaisir » de Michel Sardou s’étaient vendus à des centaines de milliers d’exemplaires, c’était plus de façon « forcée » ou sans le savoir que le public achetait un CD SACD.

Dans le cas du Blu-Ray Pure Audio, cela est un peu différent, l’équipement en platines Blu-Ray représente 1/3 des équipements des français mais le public prêt à mettre 20 € dans un album même s’il a des qualités sonores bien supérieures devient de plus en plus rare et si les références proposées au départ sont presque que des références de back catalogue ce n’est pas un hasard. Ce format s’adresse à un public mur totalement à l’opposé de l’utilisateur des MP3 ou du streaming qui compresse complètement le son. On ne peut blâmer Universal de tenter de retenir encore quelques clients vers le support physique, cela reste la source de revenus la plus importante de l’entreprise, mais espérons que les déboires connus avec le SACD qui ne pouvait pas être lu sur un grand nombre de platines CD classiques ne sera pas reproduit.

Le fait que le Blu-Ray Pure Audio ne puisse être copié semble indiquer que le chemin sera encore long. Le problème demeurera de toute façon puisque peu de distributeurs seront dans la possibilité de proposer ce produit du fait du faible manque de place dans les rayons. La FNAC étant d’ailleurs la seule enseigne a distribuer ce produit pour le moment…

Auteur : admin

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