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Médias, Musique, Cinéma : Chronique d’un monde digital

Vers la disparition prochaine des rayons disques ?

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Finalement, on s’habitue au rétrécissement des rayons de disques qui a été opéré que ce soit dans les magasins spécialisés (Fnac, Virgin Megastore…) ou dans la grande distribution (Carrefour, Auchan, Leclerc Hyper U…). Cela prouve le grand désintérêt du public mais aussi des intermédiaires censés commercialiser et mettre en avant le catalogue proposé par les maisons de disques.
Il est en effet loin le temps où dans la grande distribution, les rayons disques étaient situés à droite juste après l’entrée.

Désormais, que ce soit dans les commerces spécialisés ou dans la grande distribution, c’est  le rayon disques au complet qui est fortement réduit pour en devenir presque invisible.

Prenons l’exemple du Virgin Megastore du carrousel du Louvre qui ferme ses porte le 31 décembre 2011, le livre, les DVD et les produits numériques ont complètement repoussé le rayon disques au fond et sa superficie a été finalement réduite par trois en quelques années. Je me suis rendu récemment pour les fêtes de fin d’année dans une grande surface de l’enseigne Auchan, à Bagnolet, le rayon avait encore changé de place, et à la veille de Noël, il était déserté. Je crois même qu’on ne peut plus appeler cet espace un rayon disques tellement il a été réduit, tellement tout y est désorganisé. Ceci ne permet bien évidemment pas à l’amateur de disques de pouvoir écouter, découvrir et acheter dans de bonnes conditions des CD. Nous sommes en train de vivre la fin des rayons disques que ce soit dans la grande distribution mais aussi dans les magasins spécialisés car l’offre est si réduite qu’il est impossible d’attirer de nouveaux acheteurs.

Les responsables des magasins ne font que réagir de façon raisonnée à une baisse vertigineuse du chiffre d’affaires des rayons disques. Le marché a ainsi perdu près de 60 % de sa valeur en 10 ans !
Quiconque viendrait avec une envie de trouver un disque qui est sorti il y a quelques mois ou années seraient tout de suite freinée dans son élan d’achat car le rayon est tellement inaccessible et désordonné qu’il devient extrêmement difficile de trouver la référence que l’on recherche. C’est encore plus flagrant dans la grande distribution où le nombre de produits mis en place a toujours été inférieur et concentré sur les seules meilleures ventes.

Désormais dans les rayons disques des grandes surfaces, règne l’anarchie et le désordre, alors qu’il faut, pour faciliter la recherche et la vente, un classement alphabétique et selon les styles musicaux.
Les rayons disques ont tellement perdu de surface qu’il devient aujourd’hui impossible de proposer ce type de classement.
Bientôt dans la grande distribution il n’y aura plus du tout de back catalogue et les disques proposés ne seront seulement que les dernières meilleures ventes. Les derniers échecs des comédies musicales Dracula ou Adam et Eve dont les ventes sont très faibles ainsi que les échecs d’Amel Bent ou d’Hélène Segara en 2011, prouvent que le public, qui n’a même pas connaissance de la sortie de certains albums et les voit pas dans les bacs, n’achète plus les disques qui sortent, même pour offrir.

Cette situation qui semble inéluctable va entraîner une forte et massive baisse de la production et de la sortie de disques nationaux. Toutes les maisons de disques vont être contraintes de prendre la décision suivante : limiter les sorties et les signatures françaises pour se consacrer principalement à l’exploitation de catalogues mondiaux qui eux sont rentabilisés à l’échelle planétaire. Je ne vois pas comment une maison de disques va pouvoir continuer à sortir des albums d’artistes français, pour certains reconnus et ayant eu de gros succès et qui vendent désormais 20 ou 30 000 albums. Comment supporter encore des frais logistiques et commerciaux pour des ventes aussi faibles ?

Les radios ont elles aussi du souci à se faire car il arrivera un temps où elles n’auront plus assez de nouveautés pour respecter les quotas de nouveautés françaises et seront contraintes à  faire des rotations énormes sur très peu de titres français.
Il est d’ailleurs temps de modifier les quotas pour prendre en compte  l’origine de la production et pas seulement la langue. Cela permettrai à des artistes qui chantent en anglais de pouvoir intégrer les quotas et d’être mieux défendus.
Cette situation que l’on connaît depuis des années va finir par faire complètement disparaître les ventes de disques physiques puisque cet assèchement de l’offre proposée aux clients via une réduction drastique des rayons de disques entraîne mécaniquement une réduction de la production et fait boule de neige.

Il faut se préparer à n’avoir bientôt plus en rayons que des Best off d’anciens artistes pour la plupart morts, quelques titres actuels qui se vendent bien et le reste sera des artistes mondiaux qui se vendront à l’échelle planétaire.

Triste avenir donc qui se profile à moyen terme.

Auteur : admin

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